Blair fait son testament politique

Londres — Dans son traditionnel discours du Trône, qui a pris allures de testament politique, Tony Blair a dévoilé hier des réformes audacieuses sur la sécurité, les retraites et le changement climatique, tentant d'atténuer la «tache» que laissera sur son bilan la guerre en Irak.

Le premier ministre britannique, dont ce sera le dernier programme législatif, a voulu montrer que son gouvernement, après 10 ans de pouvoir travailliste ininterrompu, avait encore des idées. Mais l'opposition l'accuse d'être le dirigeant affaibli d'un gouvernement à bout de souffle et contesté dans les rangs mêmes de sa majorité.

En matière de délinquance et de criminalité, le premier ministre a annoncé une plus grande sévérité des peines et affirmé sa volonté de conférer des pouvoirs accrus à la police pour combattre la petite délinquance et le crime organisé. Blair a également dit vouloir faciliter l'expulsion des étrangers qui enfreignent la loi.

Le premier ministre a par ailleurs annoncé une série de mesures sociales importantes, dans le domaine des retraites notamment. Il s'est ainsi engagé à asseoir de nouveau la hausse des retraites versées par l'État sur les revenus à partir de 2012. Il a par ailleurs annoncé que l'âge de la retraite serait porté à 68 ans d'ici 2046.

Une partie importante du programme annoncé par Blair était consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique. Il a indiqué que l'objectif du gouvernement consistant à réduire de 60 % les émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050 serait inscrit dans la loi.

«De nouvelles mesures pour garantir une société forte, stable et sûre et pour faire face à la menace terroriste seront au centre du programme de mon gouvernement», a déclaré la reine Elizabeth, qui lisait le programme de son premier ministre aux Communes lors d'une cérémonie en grande pompe.

Blair a fait de l'élaboration d'une solution durable au Proche-Orient l'une des priorités de sa politique étrangère avec la consolidation du fragile gouvernement irakien.

«Tant que la situation en Irak n'est pas résolue, et peut-être même lorsqu'elle le sera, cela restera comme l'un des éléments déterminants du mandat de Blair», estime Wyn Grant, professeur en sciences politiques à l'université de Warwick.

La majorité parlementaire du Parti travailliste, auparavant très importante, a été considérablement réduite lors des élections de 2005, en partie à cause de l'impopulaire guerre en Irak.