La traite des enfants continuera en Roumanie malgré son entrée dans l'UE

Genève — La traite des enfants restera un problème important en Roumanie malgré l'adhésion de ce pays à l'Union européenne le 1er janvier prochain, a averti hier le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

Même si Bucarest s'est efforcé de lutter contre la traite des enfants durant son processus d'adhésion à l'Union européenne, le pays risque de devenir une plaque tournante pour les réseaux de trafiquants en provenance des pays voisins comme l'Ukraine, la Serbie et la Moldavie, de même qu'une destination du trafic, a déclaré le représentant de l'UNICEF en Roumanie, Pierre Poupard. Le pays restera également une des sources d'approvisionnement des trafiquants qui visent les pays d'Europe occidentale, a-t-il expliqué.

La pauvreté et le manque de respect des lois sur la protection de l'enfance en Roumanie sont en cause, mais aussi les «consommateurs» de pédophilie et de prostitution dans des pays comme l'Espagne, l'Italie, la France, le Royaume-Uni et la Serbie, a dénoncé M. Poupard. «Dans ces pays, l'application de la législation contre les trafiquants et contre ces consommateurs n'est pas suffisamment stricte», a-t-il déploré.

En 2005, 2551 victimes de traite ont été dénombrées officiellement en Roumanie, dont 366 enfants, mais ces statistiques ne représentent que la partie émergée de l'iceberg, selon M. Poupard. De nombreux cas ne sont jamais rapportés aux autorités parce que des parents sont parfois eux-mêmes impliqués dans la vente de leurs propres enfants, a-t-il dit.