Incident franco-israélien au Liban-Sud - Paris hausse le ton

Paris — La France a marqué son mécontentement auprès d'Israël en convoquant son ambassadeur à Paris après un sérieux incident entre les Casques bleus déployés au Liban-Sud et des avions de chasse israéliens, qui ont été à deux doigts de provoquer un tir d'autodéfense des soldats français.

La convocation de l'ambassadeur, procédure peu fréquente à l'égard d'un diplomate israélien, tranche avec le net réchauffement des relations entre les deux pays, observé depuis une visite de l'ancien premier ministre israélien Ariel Sharon à l'été 2005 à Paris.

Sur un ton solennel, à la tribune de l'Assemblée nationale, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie avait révélé mercredi soir que les Casques bleus français avaient été à deux secondes d'ouvrir le feu sur des chasseurs israéliens qui simulaient des attaques en piqué au-dessus de leur position. Le ministère a précisé par la suite que l'incident s'était produit le 31 octobre à Deir Kifa.

À Paris, l'irritation est d'autant plus vive que les survols du territoire libanais par l'aviation israélienne se poursuivent en dépit des nombreux appels lancés par la France et la communauté internationale.

Deux chasseurs-bombardiers israéliens ont encore survolé hier matin le quartier général de la FINUL à Naqoura, au Liban-Sud. Ce survol est survenu alors que l'ambassadeur israélien à Paris, Daniel Shek, s'entendait rappeler la position de la France au ministère des Affaires étrangères, où il avait été convoqué.

Selon le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi, le chef de la diplomatie Philippe Douste-Blazy a fait part au diplomate de la grave préoccupation de la France «devant la poursuite des survols israéliens du territoire libanais», appelant une nouvelle fois les autorités israéliennes à faire cesser de tels actes.

M. Shek a de son côté déclaré à l'AFP que le survol n'était «pas agressif» et a été «mal interprété par la force française». Affirmant que tous les survols israéliens sont «des vols de reconnaissance», il a dit qu'il n'était «pas possible de [les] arrêter pour le moment».

Il y a peu, un navire de reconnaissance allemand avait été survolé par six avions de chasse israéliens alors qu'il croisait au large d'Israël. La frégate française Courbet a connu une mésaventure similaire. La chasse israélienne l'avait survolée sans répondre à la radio.