Législatives en Macédoine - Un test de maturité démocratique

Des partisans de la principale formation d’opposition de centre droit, VMRO-DPMNE, ont participé hier à un dernier rassemblement à Strumica.
Photo: Agence Reuters Des partisans de la principale formation d’opposition de centre droit, VMRO-DPMNE, ont participé hier à un dernier rassemblement à Strumica.

Skopje — La Macédoine vote demain à l'occasion de législatives considérées comme un test de maturité démocratique dont dépendent les ambitions d'un pays devenu l'année dernière candidat à l'adhésion à l'Union européenne (UE).

Lors de ces législatives qui auront lieu à un seul tour, quelque 1,7 million d'électeurs sont appelés à choisir, parmi 2700 candidats, leurs 120 députés. Mais depuis l'indépendance en 1991 de cette ancienne république yougoslave, les élections y ont pratiquement toujours été marquées par des irrégularités.

L'UE, l'Otan, les États-Unis et l'OSCE ont averti à plusieurs reprises que cette situation risquait d'avoir des conséquences négatives sur les projets d'intégration euro-atlantique de Skopje.

Pendant la campagne électorale les incidents se sont succédé, en particulier dans la partie de la Macédoine où les Albanais (environ 25 % de la population) sont majoritaires. Un leader albanais, membre de l'Union démocratique pour l'intégration (DUI) qui fait partie de la coalition gouvernementale, a été grièvement blessé par balles.

«Ce n'est pas bon pour la sécurité régionale et cela n'aide en rien les efforts de la Macédoine pour se rapprocher de l'Otan», a mis en garde, fin juin, le porte-parole de l'Alliance atlantique James Appathura, alors que Skopje espère pouvoir intégrer l'organisation d'ici à 2008.

La Macédoine a obtenu en décembre de l'année dernière le statut officiel de candidat à l'adhésion à l'UE, mais Bruxelles a averti que la suite du processus dépendrait de la capacité du pays à continuer sur la voie des réformes. Le pays avait été au bord de la guerre civile en 2001, évitée de justesse grâce à un accord, proposé par la communauté internationale, qui avait mis fin à sept mois de conflit entre les forces macédoniennes et la guérilla séparatiste albanaise.

À la veille du scrutin, le premier ministre Vlado Buckovski, leader de l'Union social-démocrate (SDSM), principale composante de la coalition au pouvoir, a rappelé que l'Europe était le principal objectif de la Macédoine.

«La Macédoine est un petit miracle au sein des Balkans. Nous rêvons notre rêve européen les yeux ouverts», a-t-il dit en clôturant la campagne électorale. «Ce rêve ne peut être réalisé que grâce à notre coalition», a-t-il ajouté.

Mais même si M. Buckovski peut mettre à son actif la décision du l'UE d'accorder à la Macédoine le statut de candidat à l'adhésion, les piètres performances de son gouvernement dans le domaine économique risquent de peser lourdement sur son avenir.

Selon les derniers sondages, son parti, crédité de 12,8 % d'intentions de vote, est devancé par la principale formation d'opposition de centre droit, VMRO-DPMNE, de l'ancien ministre des Finances Nikola Gruevski qui obtiendrait 17,3 % des voix.

«La situation économique n'a jamais été aussi mauvaise dans l'histoire de la Macédoine», assure M. Gruevski signalant, entre autres, une augmentation vertigineuse du chômage et de la dette publique. Toutefois, M. Buckovski devrait pouvoir compter, à l'issue des élections, sur le soutien du DUI, le principal parti albanais, crédité de 9,6 % des voix dans les sondages.

La formation albanaise d'opposition, le Parti démocratique albanais (DPA), parfois considéré comme extrémiste, ne recueille que 5,8 % des intentions de vote.