Multiplication des blocages en France - Villepin exclut une démission

Les policiers français ont barré la route aux manifestants hier à la gare du Nord.
Photo: Agence Reuters Les policiers français ont barré la route aux manifestants hier à la gare du Nord.

Paris — Le premier ministre français Dominique de Villepin a exclu hier de démissionner et défendu son contrat jeunes, cible d'une large fronde sociale en France, alors que les opposants exigent toujours l'annulation de cette mesure et ont multiplié les blocages de routes et de gares.

La police a dispersé à coups de matraque et gaz lacrymogènes des manifestants qui voulaient bloquer une autoroute à Paris et paralysaient la gare de Toulouse. Cinq étudiants et un policier ont été légèrement blessés à Toulouse.

M. de Villepin a prôné l'apaisement et un retour rapide à la normale, mais il a continué à défendre le contrat première embauche (CPE), présenté comme une réforme décisive contre le chômage particulièrement fort chez les jeunes. Dans une conférence de presse après de nouvelles grandes manifestations et des sondages désastreux, le premier ministre, qui se bat pour sa survie politique, a rejeté toute idée de démission. Paraissant détendu, il a assuré qu'il mènerait jusqu'au bout la mission de la «bataille pour l'emploi» que lui a confiée le président Jacques Chirac.

«La priorité immédiate [...] , c'est l'apaisement», a-t-il dit. «Il est temps de sortir de la crise pour retrouver la sérénité et l'unité du pays.»

Des consultations se sont poursuivies hier entre des parlementaires du parti au pouvoir UMP et des organisations syndicales, lycéennes et patronales, mais sans avancées concrètes.

En même temps, des étudiants et des lycéens ont intensifié leurs opérations-surprises pour maintenir la pression sur le gouvernement. Des manifestants ont bloqué temporairement deux usines d'Airbus dans le sud-ouest, trois gares parisiennes, la gare à Toulouse, des axes routiers autour de nombreuses grandes villes et l'accès de l'aéroport parisien d'Orly, notamment.