OGM: Washington satisfait, Greenpeace inquiet

Le gouvernement américain est satisfait de la condamnation par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) du régime d'importation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) de l'Union européenne, a indiqué hier un responsable du commerce américain sous couvert d'anonymat. Cette décision de l'OMC n'est qu'une victoire symbolique pour l'industrie des OGM. Pour Greenpeace, «cela va augmenter les craintes des consommateurs et leur rejet des OGM», a dit souhaiter l'organisme environnemental.

L'OMC a remis hier un rapport confidentiel de plusieurs centaines de pages aux parties en présence, incluant les plaignants (États-Unis, Canada et Argentine) et les pays accusés de l'Union européenne. Par ce texte, l'OMC appelle l'UE à rendre sa réglementation «conforme» à ses obligations commerciales internationales, selon des sources diplomatiques à Genève.

À Washington, le responsable du commerce n'a pas voulu donner de détails sur la décision de l'OMC en soulignant qu'il s'agissait d'un rapport confidentiel, volumineux, et qu'il fallait d'abord le lire attentivement. Il s'est contenté de dire que le gouvernement américain était «satisfait de la décision selon laquelle le moratoire européen n'est pas conforme aux règlements de l'OMC».

Greenpeace dénonce

Greenpeace, de son côté, a dénoncé une décision «qui malheureusement appuie les efforts des États-Unis, du Canada et de l'Argentine pour forcer l'Europe à accepter les OGM».

«Cette décision de l'OMC n'est qu'une victoire symbolique pour l'industrie des OGM. Cela va augmenter les craintes des consommateurs et leur rejet des OGM. La majorité des citoyens, des agriculteurs et un nombre croissant de gouvernements s'opposent aux OGM», a martelé Daniel Mittler. Le conseiller en commerce international pour Greenpeace a exhorté du même souffle le nouveau gouvernement canadien à «ne pas souscrire à la politique pro-OGM des libéraux. Le Canada ne devrait pas travailler avec les États-Unis et l'OMC pour forcer les consommateurs à manger des OGM contre leur volonté», a ajouté Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. «Se servir de l'OMC pour forcer les consommateurs à manger des OGM contre leur volonté est une stratégie douteuse de mise en marché et sûrement une très mauvaise décision sur le plan économique.»

Pour Daniel Mittler, «la décision de l'OMC place les intérêts du commerce en priorité. L'OMC n'est pas le lieu approprié pour trancher les questions liées à la biosécurité. Ce cas illustre la tentative désespérée de l'administration américaine et des entreprises des OGM comme Monsanto d'utiliser l'OMC pour imposer les OGM sur le marché».