Le chômage américain sous la barre des 5%

Washington — Le taux de chômage aux États-Unis est passé en décembre sous la barre des 5 %, avec deux millions d'emplois créés en 2005, de bons chiffres qui ont permis à l'administration du président George W. Bush de vanter sa gestion de l'économie.

Le ministère du Travail a annoncé un recul du taux de chômage à 4,9 % de la population active et la création de 108 000 emplois en décembre après un bond de 305 000 en novembre.

Si le chiffre pour décembre a quelque peu déçu les analystes (ils prévoyaient 200 000 créations), le secrétaire au Trésor John Snow a, lui, insisté sur les deux millions d'emplois créés sur l'ensemble de l'année. «L'année 2005 a en effet été une très bonne année pour les deux millions d'Américains qui ont trouvé un emploi et les chiffres d'aujourd'hui sont la dernière indication en date que l'économie américaine tourne sur tous ses cylindres», a-t-il affirmé.

La Maison-Blanche, dans un communiqué diffusé hier, a mis l'accent sur le chiffre de plus de 400 000 emplois créés lors des deux derniers mois après la période difficile de l'automne suite au passage dévastateur des cyclones sur le sud du pays. Le gouvernement a noté que l'économie américaine a connu 31 mois d'affilée de créations d'emplois avec un total de plus de 4,6 millions de postes. Aussi, «à l'aube de 2006 nous avons toutes les raisons d'être optimistes sur le fait que cette économie — la plus flexible, résistante et robuste du monde — continuera de croître et de créer des emplois», a encore estimé M. Snow.

Lui-même et la Maison-Blanche en ont profité pour plaider une nouvelle fois auprès du Congrès en faveur de la pérennisation des réductions d'impôts, l'une des mesures-clé de l'administration Bush pour relancer la consommation, principal moteur de la croissance économique aux États-Unis.

Dans le détail, le rapport sur l'emploi en décembre a affiché des pertes d'emplois dans deux secteurs, la construction (- 9000) et surtout les ventes de détail (-15 600) alors que traditionnellement le mois de décembre est propice à l'embauche dans les magasins pour les achats des fêtes de fin d'année.

Pour la commissaire au bureau des statistiques sur l'emploi, Kathleen Utgoff, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car ce n'est que le signe que «l'embauche de personnel saisonnier a été moins importante que d'habitude».

Pourtant pour l'économiste en chef de l'Association des Industriels (NAM) «la preuve a été faite que la demande des consommateurs s'est ralentie, avec la perte de 15 600 emplois dans la distribution en décembre».

Selon l'économiste indépendant Joel Naroff, le point le plus important dans le rapport de décembre sur l'emploi est la question des salaires. Pour l'ensemble des États-Unis, le salaire horaire moyen a progressé de 5 ¢ à 16,34 $US tandis que la durée moyenne d'une semaine de travail a reculé, à 33,7 heures contre 33,8 heures en novembre.

La difficulté de trouver du personnel qualifié «commence a être un problème pour les entreprises et cela a tendance à faire pression sur les salaires», explique-t-il en rappelant que c'est «l'une des principales inquiétudes concernant l'inflation avancées par la Fed».

John Silvia, économiste en chef de Wachovia, partage cet avis en estimant qu'il va «être difficile pour la Fed de ne pas tenir compte de cette tendance» de la persistance des hausses des salaires.

La prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale est prévue le 31 janvier et devrait, selon l'avis général des analystes, décider une nouvelle hausse des taux d'un quart de point à 4,5 %.