Les suites de l'ouragan Katrina - L'ancien chef de la FEMA regrette d'avoir négligé la presse

Washington — L'ancien directeur de l'Agence fédérale de gestion des crises (Fema), Michael Brown, a stupéfait des parlementaires américains hier en indiquant que l'un de ses principaux regrets, après l'ouragan meurtrier Katrina, était de n'avoir pas organisé de points de presse réguliers.

«Je pense qu'il y a des erreurs spécifiques que j'ai faites avec l'ouragan Katrina (...). Premièrement, je n'ai pas organisé un système de points de presse comme j'aurais dû le faire» pour gagner du temps, a déclaré M. Brown, lors d'une audition organisée à la Chambre des représentants pour enquêter sur cette catastrophe, qui a fait plus de 1000 morts.

«Deuxièmement, je regrette de n'avoir pas pu persuader la gouverneure (de Louisiane) Kathleen Blanco et le maire (de La Nouvelle-Orléans) Ray Nagin de se concerter pour s'organiser», a ajouté M. Brown.

Cette réaction, «choquante» selon le républicain Christopher Shays, a donné le coup d'envoi à des échanges particulièrement acides, les élus reprochant sans détour à M. Brown de n'avoir pas été à la hauteur de la situation.

M. Brown s'étant vanté d'avoir lui-même convaincu Mme Blanco et M. Nagin d'ordonner des «évacuations obligatoires» à la veille de l'ouragan du 29 août, à la suite de coups de fil qu'il leur avait passés, M. Shays lui a demandé: «Et ça a servi à quoi?», en soulignant que 24 heures auraient été insuffisantes.

«Je pense que vous voudriez que je sois le superhéros qui arrive et emmène tout le monde hors de La Nouvelle-Orléans!», s'est amèrement défendu M. Brown, soulignant le rôle d'organisation et de coordinatination de la FEMA, non de maître d'oeuvre.

«Je ne suis pas un dictateur», a-t-il ajouté pour expliquer sa réticence à prendre certaines mesures concrètes avant l'ouragan, en accusant les autorités locales de Louisiane d'avoir manqué à leurs devoirs.

M. Brown, qui avait été félicité le 2 septembre par le président Bush pour son travail après le passage de l'ouragan Katrina, avait fini par démissionner de la FEMA dix jours plus tard, comme le réclamait notamment l'opposition démocrate.

Il a cependant indiqué hier qu'il continuait à être rémunéré par l'administration fédérale, pour un travail de consultant qu'il effectue pour la FEMA.

De leur côté les démocrates, ayant accusé l'administration Bush d'avoir mis M. Brown à la tête de la FEMA en raison de son amitié avec un stratège républicain, ont déposé hier un projet de loi «anticopinage».

«Comme l'ouragan Katrina en a fait la cruelle démonstration, il s'ensuit de graves conséquences quand des copains sans qualification sont nommés à des postes portant sur la sécurité publique fédérale», a souligné la chef de file de l'opposition à la Chambre, Nancy Pelosi.

Mme Pelosi a également une nouvelle fois dénoncé l'«imposture» que constitue l'enquête menée par la majorité républicaine de la Chambre sur Katrina, refusant de désigner des élus de son groupe pour y participer.

Deux démocrates des régions ravagées par Katrina ont participé à l'audition de M. Brown, cherchant à désamorcer ses critiques contre les élus de Louisiane.