Pétrole: Bush tente de rassurer les Américains

Washington — Le président américain George W. Bush s'est voulu rassurant hier sur l'approvisionnement en pétrole du pays après le passage des cyclones Katrina et Rita, n'y voyant qu'un «problème temporaire» et profitant de l'occasion pour promouvoir sa politique énergétique.

«Nous sommes prêts à recourir aux réserves stratégiques pour compenser les difficultés d'approvisionnement en pétrole brut qui pourront affecter les consommateurs», a déclaré à Washington le président américain, qui n'y voit qu'un «problème temporaire».

«Une grande partie de notre production pétrolière vient du golfe du Mexique et il est naturel que deux cyclones tels que Katrina et Rita aient un impact sur notre approvisionnement», a-t-il expliqué.

«Notre production a diminué d'environ 5,4 millions de barils par jour en raison de Katrina et Rita. Nous en avons déjà récupéré un million, auquel viendra s'ajouter rapidement 1,8 million supplémentaire», s'est-il réjoui.

Trois des grands oléoducs touchés par les cyclones devraient retrouver 100 % de leur capacité dès la semaine prochaine, a-t-il ajouté.

Contrairement aux craintes exprimées avant le week-end, Rita a relativement épargné les installations pétrolières du golfe du Mexique, faisant pousser un soupir de soulagement aux investisseurs.

Le pétrole a d'ailleurs ouvert en nette baisse hier à New York: le baril de «light sweet crude» pour livraison en novembre perdait 0,79 dollar à 63,40 dollars vers 14h07 GMT.

Le gaz naturel, qui avait battu des records la semaine dernière à mesure qu'approchait Rita, était aussi en fort repli sur le marché new-yorkais, perdant 52,40 cents à 11,80 dollars le pied cube (0,028 m3).

Si de nombreuses raffineries situées dans le golfe du Mexique étaient toujours fermées hier matin, plusieurs compagnies pétrolières ont fait part de dégâts minimes à leurs installations.

BP a indiqué que ses raffineries et plate-formes offshore situées sur la trajectoire de l'ouragan Rita n'avaient, a priori, subi «aucun dommage significatif».

En attendant le retour à la normale, le président Bush a appelé les Américains à réduire leur consommation.

«Nous pouvons tous contribuer à améliorer la situation en économisant l'énergie [...] Nous pouvons réduire les déplacements qui ne sont pas essentiels, encourager les gens à prendre leur voiture à plusieurs ou à utiliser les transports en commun», a-t-il estimé.

M. Bush a aussi profité de l'occasion qui lui était offerte pour plaider en faveur d'une augmentation et d'une diversification des ressources énergétiques américaines.

«Ces intempéries montrent que l'Amérique a besoin de capacités supplémentaires. Par exemple, nous avons besoin d'augmenter nos capacités de raffinage», a-t-il affirmé.

«Un de nos principaux problèmes est que nous dépendons de pays étrangers pour notre approvisionnement en pétrole brut», a-t-il également constaté. «Nous avons besoin d'autres sources d'énergie. C'est pourquoi je crois fermement en l'énergie nucléaire», a-t-il dit.

Aucune centrale nucléaire n'a été mise en service aux États-Unis depuis le milieu des années 70 après l'accident de celle de Three Mile Island en Pennsylvanie (est).

Ces déclarations du président s'inscrivent dans le droit fil de la loi sur l'énergie adoptée sur son initiative fin juillet par le Congrès.

Cette loi prévoit notamment le développement de nouvelles technologies utilisant le charbon propre et l'énergie nucléaire, ainsi que la réduction de la dépendance des États-Unis à l'égard des importations d'énergie.