Bush tire des leçons

Des mesures ont dû être prises pour endiguer un déversement de pétrole, hier, à la raffinerie Valero, à Port Arthur, au Texas, la seule raffinerie où des dégâts sérieux ont été constatés à la suite du passage de l’ouragan Rita.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des mesures ont dû être prises pour endiguer un déversement de pétrole, hier, à la raffinerie Valero, à Port Arthur, au Texas, la seule raffinerie où des dégâts sérieux ont été constatés à la suite du passage de l’ouragan Rita.

Les autorités américaines, qui avaient mis les bouchées doubles pour affronter le cyclone Rita, ont poussé un soupir de soulagement après son passage qui a provoqué des dégâts sans comparaison avec la tragédie humaine de Katrina il y a quatre semaines.

Le bilan de Rita — un mort causé par une tornade dans le Mississippi et 25 décès durant l'évacuation — contraste fortement avec les 1075 morts et le million de sans-abri de Katrina. Mais les leçons de ces cyclones sont complémentaires, montrant la difficulté d'une évacuation de masse.

Le président George W. Bush en a tiré les premières conclusions hier à San Antonio, au Texas, en estimant que «dans le cas d'une catastrophe naturelle d'une certaine taille, le département de la Défense pourrait prendre la direction des opérations pour coordonner la réponse», comparant cette mesure au dispositif qui serait mis en place en cas d'attaque terroriste.

Le général John White, responsable de la réponse au cyclone Rita, a plaidé auprès de M. Bush pour la mise en place d'un «plan national» de coordination des secours, estimant que l'absence d'un tel plan avait conduit au désastre à La Nouvelle-Orléans un mois plus tôt.

Selon le général White, une meilleure coordination est nécessaire pour éviter, par exemple, que cinq hélicoptères n'arrivent en même temps pour secourir le même sinistré. «Avec Rita, nous avons eu le bénéfice d'un préavis. Ce pourrait ne pas être le cas lors d'un scénario de tremblement de terre», a-t-il expliqué. «Avec un plan national, nous aurons un démarrage rapide et la possibilité de sauver plus de monde», selon lui.

L'ouragan Rita, transformé en tempête tropicale, a également fait moins de dommages que prévu dans les raffineries de pétrole situées sur sa trajectoire. Dans l'ensemble, les informations étaient plutôt rassurantes pour un secteur déjà mis à rude épreuve par le passage il y a un mois de Katrina.

Le ministère de l'Énergie a indiqué hier que si les 16 raffineries de la région frappée par Rita restaient fermées, une seule, la raffinerie Valero à Port Arthur, au Texas, faisait état de «dégâts significatifs» notamment sur deux tours de refroidissement. De son côté, le directeur de la Fema, l'Agence fédérale américaine de gestion des crises, David Paulison, qualifiait les dégâts de «minimes». «Nous surveillons les raffineries. Jusqu'à présent, nous ne constatons que des dégâts minimes et nous espérons que cela va rester le cas, mais nous continuerons de surveiller la situation pour nous assurer que ces raffineries pourront reprendre leur activité dès que possible», a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Quant à l'impact de Rita sur les cours du pétrole, les responsables de ce secteur économique estiment prématuré de dire s'il y aura une hausse du prix de l'essence. La sénatrice républicaine du Texas, Kay Bailey Hutchison, se voulait plus rassurante: «La plus grande partie [des raffineries] n'a pas été touchée et elles pourront probablement fonctionner correctement d'ici une semaine, ce qui veut dire que les prix de l'essence ne devraient pas grimper dans toute l'Amérique.»

Après Katrina, les prix de l'essence avaient allégrement grimpé à la pompe, et le brut était passé au-dessus de 70 dollars le baril. Rita et, avant, Katrina, ont entraîné la suspension de la quasi-totalité de la production pétrolière offshore dans le Golfe du Mexique et de 30 % de la capacité de raffinage américaine. Le golfe du Mexique produit un tiers de l'or noir des États-Unis tandis que la région touchée par Rita assure 23 % de la capacité de raffinage du pays.

Bien que l'ouragan Rita ait fait moins de dommages que prévu, les autorités ont demandé aux trois millions d'évacués de ne pas se presser pour rentrer chez eux. Plus d'un millions de personnes sont privées d'électricité au Texas, en Louisiane et au Mississippi sous l'effet combiné de Rita et de Katrina. Pour aider les sinistrés à obtenir des aides fédérales, le président américain a décrété l'état de catastrophe naturelle en Louisiane et au Texas. Éprouvés à deux reprises, les États-Unis n'en ont pas encore terminé avec ces tempêtes climatiques selon le directeur du Centre national des ouragans, Max Mayfield, puisqu'un ou deux autres ouragans d'envergure pourraient encore frapper le pays d'ici à la fin de la saison des ouragans en octobre.