Les États-Unis relancent l'idée d'un élargissement du G7

Washington — Les États-Unis relancent l'idée d'un élargissement du G7, souvent comparé à un «club de riches», à des pays comme la Chine, le Brésil ou l'Inde, pour prendre en compte leur poids grandissant dans l'économie mondiale.

«Je crois que nous devrions mettre certains de ces pays sur la voie menant à la participation à plein temps au G7», a indiqué mercredi Tim Adams, sous-secrétaire au Trésor américain chargé des affaires internationales. Il s'exprimait alors que se tient aujourd'hui la réunion bi-annuelle à Washington de ce forum regroupant les ministres des Finances de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d'Italie et du Japon.

Ses propos s'adressaient aux cinq grandes économies émergentes conviées à cette occasion à un déjeuner avec le G7 dans la capitale américaine: l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et la Russie, cinq pays qui représentent 25 % de la production mondiale et 45 % de sa population. «Je pense que nous avons besoin d'une institution, le G7, qui reflète les changements de l'économie mondiale», a ajouté M. Adams.

Cette nécessité d'ouvrir ce forum de débat sur les grands problèmes économiques, créé il y a 30 ans sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne, n'est pas nouvelle. Mais l'expansion spectaculaire de pays comme la Chine ou l'Inde ces dernières années lui donne désormais une acuité particulière.

Un G7 élargi «donnerait à l'Asie la place qu'elle mérite», souligne Jon Kirton, directeur du centre de recherche sur le G8, un institut lié à l'université de Toronto. «Il s'agirait d'un pas sensé dans le cadre d'un processus qui a vu déjà notamment la Russie puis la Chine progressivement associées aux travaux du G7» depuis un peu plus d'une décennie, ajoute-t-il.

Pas sans arrière-pensée

Pour Jon Kirton, l'initiative surprise des États-Unis sur l'élargissement n'est toutefois pas sans arrière-pensée. «Ils ont toujours pensé qu'il y avait trop de pays européens au sein du G7 et pour eux l'arrivée de la Russie n'a fait qu'en rajouter un. C'est pourquoi ils souhaitent faire venir la Chine, l'Inde ou le Brésil», estime-t-il. Plus largement, donner un strapontin officiel à Pékin permettrait aux Occidentaux d'exprimer plus directement leurs doléances à l'égard de la politique économique chinoise. Avec au premier chef leur régime de change et leur politique commerciale.

Problème: la création d'un «G12» avec la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie et l'Afrique du Sud risquerait de faire de l'ombre à un autre forum créé en 1999 à l'initiative du G7 pour donner davantage voix au chapitre aux grands pays émergents et qui cherche encore sa place: le G20. Ce groupe, où doivent en principe être discutées des questions intéressant prioritairement les pays en développement, comme l'endettement ou la lutte contre la pauvreté, se réunit d'ailleurs pour la première fois en Chine à la mi-octobre.