John Bolton en «gorille»

Washington — John Bolton, candidat de George W. Bush au poste d'ambassadeur américain à l'ONU, a eu recours à la menace sur un employé du département d'État pour tenter de faire prévaloir ses thèses en matière d'armes biologiques, a accusé hier un ancien responsable devant le Sénat.

M. Bolton a menacé et tenté de faire renvoyer un analyste du département d'État spécialisé dans les armes biologiques qui refusait d'aller dans le même sens que lui, a accusé Carl Ford, ancien chef du bureau du renseignement du ministère, au deuxième jour de l'audition de confirmation de M. Bolton devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Le désaccord portait sur l'existence potentielle d'un programme d'armes biologiques à Cuba, que M. Bolton, sous-secrétaire d'État pour le contrôle de l'armement, voulait annoncer dans un discours en 2002.

Christian Westermann, analyste spécialisé dans les armes biologiques au bureau du renseignement, avait bloqué son projet de discours, en estimant que les informations reposaient sur des sources peu fiables, indiquait le Washington Post lundi.

M. Bolton l'a «convoqué dans son bureau et insulté» au lieu de régler le différend ou de faire trancher le chef de la diplomatie de l'époque Colin Powell, a dit M. Ford. «C'était un gorille de 400 kilos en train de dévorer une banane, a-t-il ajouté. L'incident a eu un impact profond sur les autres analystes [...] Ils avaient peur.»