Dernier épisode de pluies attendu dans une Californie déjà détrempée

Une importante vague de pluie — et de neige en montagne — a balayé samedi de nombreuses zones de l’État le plus peuplé des États-Unis, dont les sols sont déjà saturés d’eau.
David McNew Agence France-Presse Une importante vague de pluie — et de neige en montagne — a balayé samedi de nombreuses zones de l’État le plus peuplé des États-Unis, dont les sols sont déjà saturés d’eau.

La Californie, déjà détrempée après une série de tempêtes qui ont fait au moins 19 morts, a subi dimanche soir un nouvel épisode intense de précipitations, qui doit se poursuivre lundi avant qu’un temps plus sec ne s’installe.

L’État de l’Ouest, le plus peuplé des États-Unis, s’apprête à voir déferler son neuvième épisode de pluies soutenues en près de trois semaines.

Samedi, des trombes d’eau s’étaient déjà abattues sur sa côte pacifique, ce qui avait provoqué le débordement de nombreux cours d’eau et inondé zones urbaines, habitations et terres agricoles asséchées par une sécheresse interminable.

La journée de dimanche devait apporter une accalmie, avant qu’une nouvelle « rivière atmosphérique » — phénomène météorologique qui apporte par le ciel d’immenses quantités d’eau des tropiques — ne se déverse, ont prévenu les autorités.

« Ce n’est que la huitième rivière atmosphérique sur les neuf que nous prévoyons, avait averti samedi le gouverneur démocrate, Gavin Newsom. Ce n’est pas fini. »

Les nouvelles chutes de pluie attendues « pourraient, en certains endroits, provoquer des inondations », car les sols, gorgés d’eau, saturent, notait dimanche matin le Service météorologique américain (NWS).

Beach-volley

Dans le comté de Santa Cruz, sud de San Francisco, où plusieurs zones demeuraient sous le coup d’alertes aux inondations, la plage de la ville était encore envahie dimanche par les troncs d’arbres et les déchets charriés par la rivière San Lorenzo ces deux dernières semaines.

Mais le ciel gris et les averses matinales n’ont pas empêché Evan Short et trois amis de se faire une partie de volley-ball de plage au milieu des débris.

« J’ai vu une petite accalmie météo et j’ai convaincu d’autres amis désespérés de nous joindre », explique à l’Agence France-Presse cet analyste en données de 29 ans, qui a bien du mal à passer entre les gouttes ces derniers jours. « La semaine prochaine, il devrait y avoir quelques jours sans pluie, enfin, donc ça va être bien. »

La succession de ces tempêtes depuis la fin décembre pourrait en effet bientôt toucher à sa fin.

Le NWS prévoit en effet pour la fin de semaine « une période de météo plus sèche sur la Californie et le sud-ouest des États-Unis ».

Retenir l’eau

La Californie aura alors peut-être, enfin, le temps de déparer les dégâts, de rétablir l’électricité — quelque 20 000 foyers en étaient encore privés dimanche matin — et de tirer les leçons de ces intempéries « inédites à l’échelle de nos vies » selon les mots du gouverneur.

À San Francisco, les quelque trois derniers mois ont été les plus pluvieux depuis l’hiver 1972-1973. En même temps, la Californie, dont l’agriculture nourrit l’Amérique du Nord, fait face à une sécheresse de long terme inédite.

Les pluies diluviennes de ces dernières semaines n’inverseront pourtant pas la tendance. Elles « ne suffiront pas à remplir à nouveau le lac Mead », prévient par exemple le NWS à propos de ce gigantesque réservoir sur le fleuve Colorado qui abreuve la Californie et dont le niveau baisse inexorablement depuis des années.

Mais les infrastructures de contrôle et de rétention de l’eau — digues, lacs artificiels, lits de rivière contraints — « ont été pensées il y a 40, 50 ans » pour « un monde qui n’existe plus », a estimé samedi M. Newsom. En bloquant le ruissellement de l’eau, ces aménagements limitent le rechargement vital des nappes phréatiques, expliquent des spécialistes.

Le démocrate, l’un des plus engagés aux États-Unis sur le changement climatique, entend s’attaquer à ces questions, à mesure « que les chaleurs deviendront bien plus chaudes, le sec plus sec et […] et l’humidité plus humide ». Le réchauffement de la planète augmente selon les scientifiques la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes.

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