Fusillade dans un bar LGBTQ: le père du suspect soulagé que son fils ne soit pas gai

Le périmètre du Club Q, où un homme de 22 ans a ouvert le feu dans la nuit de samedi à dimanche, demeurait inaccessible mardi à Colorado Springs.
Getty Images via AFP Le périmètre du Club Q, où un homme de 22 ans a ouvert le feu dans la nuit de samedi à dimanche, demeurait inaccessible mardi à Colorado Springs.

Quand il a appris que son fils, Anderson Lee Aldrich, était suspecté d’être l’auteur de la fusillade survenue la fin de semaine dernière dans un bar LGBTQ de Colorado Springs, aux États-Unis, Aaron Brink a eu peur. Non pas parce que son fils était impliqué dans une tuerie de masse, mais parce que celle-ci avait eu lieu dans le Club Q, une boîte de nuit prisée par la communauté queer.

« “Merde, est-ce qu’il est gai ?” Et il n’est pas gai, alors j’ai dit : “Fiou !” » a répondu l’homme lorsqu’interrogé par CBS 8.

Républicain conservateur et fier mormon, Aaron Brink a affirmé devant la caméra de la chaîne télé « qu’il n’y avait pas de gai » au sein de sa confession.

L’homme de 48 ans a toutefois été choqué lorsque le journaliste l’a informé des faits liés à la fusillade, qui fait écho à la tuerie ayant fauché en 2016 la vie de 49 personnes et blessé une cinquantaine d’autres dans une boîte de nuit gaie d’Orlando, en Floride.

Le suspect, âgé de 22 ans, a tué au moins cinq personnes et en a blessé 18 dans la nuit de samedi à dimanche, lors d’une soirée célébrant la Journée du souvenir trans, le 20 novembre. Deux armes ont été retrouvées sur place par les autorités, qui ont arrêté le tireur et l’ont conduit à l’hôpital.

« Il n’y a pas d’excuse pour tuer des gens. Si vous tuez des gens, quelque chose ne va pas. Ce n’est pas la réponse », a dit M. Brink.

Ce texte fait partie de notre section Vigie numérique.

Éducation violente

Pourtant, Aaron Brink affirme avoir appris à son fils comment se battre. « Je l’ai encouragé à avoir un comportement violent très tôt. Je lui ai dit que ça marchait. C’est instantané et tu obtiens des résultats immédiats », a dit le père, aujourd’hui entraîneur en arts martiaux mixtes.

À la lumière de la fusillade qui s’est passée au Club Q, M. Brink a formulé des excuses à l’endroit des familles des victimes. « La vie est fragile et elle a de la valeur », a-t-il dit, leur demandant de pardonner à son fils. « Je suis désolé [de l’]avoir laissé tomber. »

Pendant six ans, Aaron Brink a cru son fils mort. Son ex-femme lui avait passé un coup de fil pour l’informer que leur fils avait remplacé son nom par celui d’Anderson Aldrich avant de se suicider. « J’ai pleuré sa perte », a confié le père.

Selon son ex-épouse, la participation d’Aaron Brink à une téléréalité ainsi que sa carrière d’acteur pornographique auraient mené leur fils à changer d’identité. M. Brink a en effet travaillé dans l’industrie des films pour adultes en plus d’avoir participé à des combats d’arts martiaux mixtes.

Photo: Getty Images via AFP Des photos rendaient hommage aux cinq victimes à l’extérieur du Club Q mardi.

Il y a six mois, Aaron Brink a toutefois reçu un appel « d’outre-tombe ». Son fils, finalement en vie, s’est disputé avec lui au téléphone. Puis, plus de nouvelles, jusqu’à ce que M. Brink soit contacté par les avocats de son fils, qui l’ont informé qu’Anderson Aldrich était impliqué dans un attentat armé dans une discothèque LGBTQ au Colorado.

Anderson Lee Aldrich fait face à cinq chefs de meurtre et à cinq chefs pour avoir causé des lésions corporelles lors d’un crime haineux visant une minorité sexuelle.



À voir en vidéo