Un tireur abat six personnes en Virginie avant de se suicider

Selon la police de Chesapeake, les équipes d’intervention sont arrivées « immédiatement » après un appel d’urgence à 22 h.
WAVY-TV 10 Agence France-Presse Selon la police de Chesapeake, les équipes d’intervention sont arrivées « immédiatement » après un appel d’urgence à 22 h.

Le gérant d’un supermarché Walmart de l’est des États-Unis est suspecté d’avoir abattu six personnes mardi soir avant de se suicider sur les lieux, a indiqué mercredi la police.

Le tireur, identifié comme Andre Bing, 31 ans, était armé d’un pistolet et avait en sa possession plusieurs chargeurs, a indiqué la municipalité de Chesapeake, en Virginie, où ont eu lieu les faits.

Le suspect occupait le poste « de chef d’équipe de nuit et il travaillait avec nous depuis 2010 », a précisé le géant de la grande distribution dans un communiqué.

Le mobile de la tuerie n’est pas encore connu.

« J’ai levé les yeux, et mon manager a ouvert la porte [de la salle de repos des employés du supermarché] et a simplement commencé à tirer », a raconté Briana Tyler à la chaîne ABC. « Il n’a rien dit, rien dit du tout », a-t-elle ajouté.

Selon les autorités, le tireur a tué deux personnes dans la salle de repos et s’y est suicidé. Une autre victime a été découverte « vers l’avant du magasin » et trois autres « ont été transportées dans des hôpitaux des environs, mais ont succombé à leurs blessures ».

La fusillade a également fait six blessés, dont l’un est dans un état grave.

« Chaises vides »

Devant le magasin, où s’activaient mercredi une quinzaine d’enquêteurs, dont certains agents de la police fédérale, se dresse désormais un monument improvisé à la mémoire des victimes, où des fleurs et des bougies ont été déposées.

Le président américain, Joe Biden, a déploré un « acte horrible et insensé de violence » à la veille de la grande fête familiale de l'Action de grâce, « l’une des fêtes que nous chérissons le plus et qui nous rassemble en tant qu’Américains et familles ».

« Encore davantage de tables à travers le pays auront des chaises qui resteront vides en cette Action de grâce », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Ce drame est le dernier d’une série de tueries aux États-Unis : quatre jours plus tôt, une fusillade à Colorado Springs, dans l’ouest du pays, a fait cinq morts et au moins 18 blessés dans un club LGBT+. Et la semaine précédente, déjà en Virginie, trois membres de l’équipe de football américain de l’Université de Virginie avaient été tués par un ancien coéquipier.

L’enquête concernant le supermarché de Chesapeake ne fait que commencer, a souligné mercredi matin Mark Solesky, le chef de la police de Chesapeake.

Les forces de l’ordre ont reçu un premier appel d’urgence à 22 h 12 mardi soir et de premiers policiers ont pénétré quatre minutes plus tard dans le magasin Walmart de cette ville située à 240 kilomètres au sud de la capitale, Washington, a dit M. Solesky.

« Choqués »

Le magasin était rempli de clients lorsque la fusillade a éclaté, selon des médias locaux.

« Nous sommes choqués par cet événement tragique », a écrit mercredi sur Twitter Walmart, numéro un mondial de la distribution. « Nous pleurons avec la communauté de Chesapeake ce matin », a tweeté de son côté le gouverneur de la Virginie, Glenn Youngkin.

L’élue au Sénat de la Virginie, Louise Lucas, a affirmé sur Twitter qu’elle ne trouverait « pas de repos tant que nous n’aurons pas trouvé de solutions pour mettre fin à cette violence endémique liée aux armes qui a volé tant de vies dans notre pays ».

Le phénomène des fusillades commises par un employé sur son lieu de travail n’est pas nouveau aux États-Unis. Des années 1970 à 1990, des employés ou d’anciens employés avaient fait une quarantaine de morts dans une série d’attaques contre les services postaux, si bien que les Américains ont inventé la formule « going postal » (devenir timbré) pour décrire les accès de violence dans le milieu du travail.

Selon le site Gun Violence Archive, plus de 600 fusillades de masse (au moins quatre personnes tuées ou blessées) ont eu lieu aux États-Unis depuis le début de l’année en cours. Et les supermarchés sont particulièrement touchés.

Une étude de l’organisation Guns Down America, basée sur les chiffres de Gun Violence Archive entre janvier 2020 et mai 2022, a conclu que les grandes chaînes de supermarchés voyaient des tirs se produire en moyenne quatre fois par semaine dans leurs magasins.

La question du durcissement du cadre légal pour les armes à feu reste toutefois politiquement ultrasensible, et le Congrès ne parvient pas à s’entendre dans ce domaine.

L’auteur de la tuerie dans un club LGBTQ+ du Colorado comparaît

Los Angeles — L’auteur de la fusillade qui a fait cinq morts et au moins 18 blessés le week-end dernier dans un club LGBTQ+ du Colorado, dans l’ouest des États-Unis, a comparu mercredi devant un tribunal.

Anderson Lee Aldrich est resté assis, vêtu de la combinaison orange des détenus aux États-Unis, durant une brève apparition par vidéo lors de l’audience durant laquelle aucun chef d’accusation n’a été prononcé. L’accusé n’a pas non plus fait face à une procédure de plaider-coupable.

Anderson Lee Aldrich était entouré de deux avocats commis d’office, qui ont affirmé dans des documents juridiques enregistrés mardi que leur client s’identifiait comme non binaire et utilisait les pronoms non genrés en anglais, « they/them ».

L’accusé n’a parlé que pour confirmer son nom et le fait qu’on lui avait bien indiqué ses droits.

Anderson Lee Aldrich n’a pas été formellement inculpé, mais il est maintenu en détention pour suspicion de meurtre. Selon le système judiciaire du Colorado, l’inculpation ne devrait pas être prononcée avant 10 jours.

L’auteur de la fusillade pourrait être poursuivi notamment pour meurtres et crimes motivés par la haine, et il risque une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

Une date provisoire pour une nouvelle comparution d’Anderson Lee Aldrich a été fixée au 6 décembre.

Agence France-Presse


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