Les républicains prennent le contrôle de la Chambre des représentants

NBC, CNN, Fox News et CBS ont indiqué mercredi que les républicains disposaient désormais d’au moins 218 sièges à la Chambre, c’est-à-dire la majorité.
Stefani Reynolds Getty Images via Agence France-Presse NBC, CNN, Fox News et CBS ont indiqué mercredi que les républicains disposaient désormais d’au moins 218 sièges à la Chambre, c’est-à-dire la majorité.

Un peu plus d’une semaine après le scrutin de mi-mandat, les républicains ont finalement obtenu les 218 sièges requis pour jouir d’une majorité à la Chambre des représentants des États-Unis. Le parti conservateur pourra désormais bloquer les politiques de Joe Biden et mener des commissions d’enquête parlementaires, et ce, pour au moins les deux prochaines années.

Au moment où ces lignes étaient écrites, 7 des 435 sièges de la Chambre des représentants n’avaient toujours pas de vainqueurs. Les républicains maintenaient une avance pour 3 de ces sièges, ce qui veut dire que les démocrates demeuraient en avance pour les 4 autres.

C’est Mike Garcia, l’élu de la Chambre des représentants pour le 27e district de la Californie, situé au nord de Los Angeles, qui est devenu le 218e républicain de la Chambre basse du Congrès, ce qui a officialisé la victoire de son parti, pressentie depuis plusieurs jours.

Avant le jour des élections, qui ont eu lieu le 8 novembre dernier, les sondages prédisaient toutefois des résultats beaucoup plus favorables aux républicains. Une étude du Pew Research Center parue le 2 novembre montrait également que l’économie, un enjeu largement revendiqué par les républicains comme leur priorité, demeurait la principale préoccupation électorale des Américains. La fameuse « vague rouge » prédite par les sondages ne s’est donc jamais avérée.

D’ailleurs, si les projections des médias américains se confirment pour l’ensemble des sièges, la performance de Joe Biden aux élections de mi-mandat deviendra le meilleur score d’un président en plus de 20 ans, ce scrutin étant traditionnellement défavorable au pouvoir en place.

Les Américains « sont prêts pour une nouvelle direction », a déclaré mercredi soir sur Twitter Kevin McCarthy, désigné mardi par ses collègues républicains chef du parti à la Chambre des représentants. Il devient donc de facto le « chef de la majorité » de la Chambre.

Dans un communiqué, M. Biden a félicité son adversaire, et a déclaré qu’il allait « travailler avec quiconque — républicain ou démocrate — est prêt à oeuvrer [avec lui] ». Le président a aussi affirmé que « les élections de la semaine dernière ont démontré la force et la résilience de la démocratie américaine. Il y a eu un rejet massif de ceux qui remettent en cause les résultats des élections, de la violence politique et de l’intimidation ».

M. McCarthy doit désormais remporter un vote en séance plénière le 3 janvier prochain, lorsque les 435 nouveaux élus — républicains et démocrates — de la Chambre éliront leur « speaker », le troisième personnage le plus important de la politique américaine, après le président et le vice-président.

De nouveaux pouvoirs pour les républicains

 

Pour qu’un texte de loi soit adopté au niveau fédéral, les deux chambres du Congrès, soit le Sénat (chambre haute) et la Chambre des représentants (chambre basse), doivent l’approuver. M. Biden et les démocrates ne pourront donc pas faire avancer leurs grands projets pendant les deux prochaines années, mais, selon toute vraisemblance, les républicains non plus.

Aux commandes de la Chambre des représentants, les républicains peuvent toutefois lancer des commissions d’enquête parlementaires ainsi que stopper celles déjà entamées par les démocrates. On pourrait donc s’attendre à ce qu’ils mettent fin à la commission d’enquête démocrate sur l’insurrection du 6 janvier, mais aussi à ce qu’ils en lancent d’autres, notamment sur la gestion de la pandémie sous Joe Biden.

Ce dernier devra désormais s’armer de ses talents de négociateur — sur lesquels il a misé lors de son élection en 2020 — pour consolider des appuis au sein du camp républicain s’il veut éviter, entre autres, une paralysie de l’administration fédérale (le fameux shutdown).

Avec l’Agence France-Presse

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