Quatre faits marquants sur les élections de mi-mandat américaines

Le démocrate Wes Moore est devenu la première personne noire élue gouverneur du Maryland.
Bryan Woolston Associated Press Le démocrate Wes Moore est devenu la première personne noire élue gouverneur du Maryland.

Un « Z » au Congrès, une gouverneure ouvertement lesbienne, un premier gouverneur noir au Maryland et un vote d’envergure sur l’avortement… Pendant que le dépouillement des bulletins de vote des élections de mi-mandat aux États-Unis se poursuivait mercredi, les résultats laissaient entrevoir d’importantes percées pour les jeunes, la diversité et la protection du droit à l’avortement. Tour d’horizon.

La génération Z à Washington

À l’âge de 25 ans, Maxwell Frost fait entrer la génération Z au Congrès. Le démocrate siégera à la Chambre des représentants après avoir été élu, mardi, dans son district d’Orlando, en Floride. Sa présence tranchera avec la moyenne d’âge de la Chambre basse, qui avoisine les 60 ans et dont plus de 80 % des membres font partie de la génération X ou des baby-boomers. « La génération Z et les millénariaux représentent environ le tiers du pays, mais nous sommes loin de former le tiers du gouvernement […] Nous avons besoin d’un gouvernement qui ressemble au pays », a-t-il déclaré mercredi à CBS. D’origine cubaine, Maxwell Frost a commencé à militer dès ses 15 ans, après la tuerie de l’école primaire de Sandy Hook en 2012. Il a fait de la lutte contre les armes à feu son principal cheval de bataille pendant cette campagne électorale, allant même jusqu’à dire qu’il appartenait à « la génération des fusillades de masse ».

Une première gouverneure ouvertement lesbienne

Les États-Unis ont désigné mardi une première gouverneure ouvertement lesbienne. Il s’agit de Maura Healey, élue dans l’État du Massachusetts. L’avocate, qui était procureure générale de l’État depuis 2015, a battu son adversaire républicain, Geoff Diehl, adoubé par Donald Trump. D’autres percées de personnes LGBTQ+ ont été confirmées, dont l’arrivée à la Chambre des représentants du démocrate Robert Garcia, maire de Long Beach, en Californie, et natif du Pérou, qui sera le premier immigrant s’affirmant en tant que gai à siéger à la Chambre basse. Pour la première fois dans l’histoire du pays, des personnes LGBTQ+ étaient candidates dans chacun des 50 États américains lors de ces élections de mi-mandat, presque toutes sous la bannière démocrate. Avec 678 personnes LGBTQ+, il s’agit d’une augmentation de 18 % par rapport aux élections de 2020, selon une analyse menée par le LGBTQ Victory Fund.

Un premier gouverneur noir dans le Maryland

Wes Moore, vétéran de la guerre en Afghanistan, ancien dirigeant d’organisations à but non lucratif et auteur, est la première personne noire à être élue gouverneur du Maryland. Dans l’histoire des États-Unis, il s’agit seulement du troisième gouverneur noir élu. Le démocrate a défait le républicain soutenu par Donald Trump, Dan Cox. Wes Moore reprend ainsi un bastion démocrate qui a été occupé par le gouverneur républicain Larry Hogan pendant deux mandats. Il sera accompagné de la lieutenante-gouverneure Aruna Miller, une ancienne membre de la Chambre des délégués du Maryland. D’origine indienne, elle devient la première immigrante à occuper ce poste dans l’État.

Premier vote d’envergure sur l’avortement

En plus d’élire plusieurs représentants politiques, des millions d’Américains au Vermont, en Californie et au Michigan devaient se prononcer pour la première fois, mardi, sur une modification de la constitution de leur État pour protéger le droit à l’avortement. Un vote d’envergure depuis l’annulation par la Cour suprême de l’arrêt Roe vs Wade en juin dernier. À l’issue du vote, les trois États ont entériné le droit à l’avortement dans leur constitution. L’enjeu était de taille pour l’État du Midwest puisque le vote populaire a rendu caduque une loi de 1931 considérant toute interruption de grossesse comme un acte criminel. Dans les États conservateurs du Kentucky et du Montana, les électeurs devaient se prononcer sur des mesures restreignant l’accès à l’avortement. Au Kentucky, les citoyens ont rejeté l’amendement proposé visant à inscrire dans la constitution qu’elle « ne garantit pas le droit à l’avortement » ni son financement. Le Montana, dont les résultats étaient encore attendus au moment où ces lignes étaient écrites, proposait quant à lui de donner un statut juridique de « personne » aux embryons et aux foetus.

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