Deux militants d’extrême droite condamnés pour avoir voulu enlever une gouverneure

La gouverneure démocrate Gretchen Whitmer avait imposé des restrictions anti-COVID dans l’état du Michigan. 
Photo: David Eggert Associated Press La gouverneure démocrate Gretchen Whitmer avait imposé des restrictions anti-COVID dans l’état du Michigan. 

Deux militants d’extrême droite ont été condamnés mardi pour avoir fomenté un complot en vue d’enlever la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, à cause des restrictions anti-COVID qu’elle avait imposées dans cet État du Nord américain.

Un jury a délibéré pendant huit heures avant de déclarer Adam Fox et Barry Croft coupables d’association de malfaiteurs en vue de commettre un enlèvement et d’utiliser une arme de destruction massive — une bombe.

« Le verdict d’aujourd’hui confirme que le complot était réel et très dangereux », a déclaré dans un communiqué Andrew Birge, un ancien procureur fédéral qui a été chargé par le ministère de la Justice de superviser le procès.

« Aucun dirigeant élu ne devrait être placé face à ce que la gouverneure Whitmer a enduré », a-t-il souligné, avant d’ajouter : « Le ministère de la Justice ne tolérera pas les complots extrémistes violents de cette nature qui cherchent à saper notre démocratie ».

Les deux hommes, qui risquent une peine de prison à vie, faisaient partie d’un groupe de militants d’extrême droite arrêtés en octobre 2020.

Deux autres suspects, Daniel Harris et Brandon Caserta, avaient été acquittés en avril. Et deux autres ont plaidé coupable, témoignant contre leurs complices.

 

En avril, les jurés n’avaient pas pu arriver à un verdict unanime pour Adam Fox et Barry Croft, présentés comme les meneurs du complot. Ils étaient donc à nouveau jugés à Grand Rapids, dans le Michigan.

Selon les procureurs, ils faisaient partie du mouvement Boogaloo, qui rassemble aussi bien des néonazis que des anarchistes d’extrême droite autour de la culture des armes à feu, et qui veut renverser le gouvernement par une guerre civile.

Selon l’acte d’accusation, ils reprochaient à la gouverneure d’être « un tyran » à cause des restrictions liées à la COVID, et envisageaient de l’enlever afin de la soumettre à un « procès ».

Ils auraient surveillé les abords de la maison de vacances de Gretchen Whitmer et pris des photos d’un pont qu’ils prévoyaient de faire exploser pour faire diversion pendant l’enlèvement.

La défense a accusé les agents de la police fédérale d’avoir piégé les accusés en infiltrant leur groupe grâce à des informateurs, et en mettant au point le projet d’enlèvement.

La gouverneure Gretchen Whitmer a salué sur Twitter un verdict « qui prouve que la violence et les menaces n’ont pas de place dans la politique, et que ceux qui cherchent à nous diviser devront rendre des comptes ».

« Mais nous devons aussi examiner de près l’état de notre monde politique », a-t-elle ajouté, regrettant l’existence de « menaces contre le FBI ». La police fédérale est la cible d’attaques depuis sa perquisition au domicile de Donald Trump en Floride.

En 2020, l’arrestation de ces militants avait illustré la menace grandissante posée par les milices de la droite radicale, qui s’était ensuite confirmée lors de l’assaut sur le Capitole à Washington le 6 janvier 2021, auquel avaient participé des membres de groupes tels que les Oath Keepers ou les Proud Boys.

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