L’assaillant présumé de l’auteur Salman Rushdie plaide non coupable

Hadi Matar, 24 ans, risque jusqu’à 25 ans de prison pour tentative de meurtre et jusqu’à 7 ans pour agression.
Joshua Bessex Associated Press Hadi Matar, 24 ans, risque jusqu’à 25 ans de prison pour tentative de meurtre et jusqu’à 7 ans pour agression.

Le suspect de l’attaque contre Salman Rushdie a plaidé jeudi non coupable de tentative de meurtre et d’agression devant un tribunal de l’État de New York, lors d’une première comparution après son inculpation.

Hadi Matar, un jeune Américain d’origine libanaise, est accusé d’avoir poignardé le 12 août Salman Rushdie, l’auteur britannique des Versets sataniques, une attaque qui a choqué l’Occident, mais qui a été saluée par des extrémistes musulmans de pays comme l’Iran ou le Pakistan.

Arrêté immédiatement après les faits, l’homme de 24 ans avait déjà affirmé sa non-culpabilité samedi, lors d’une audience de procédure, mais la comparution de ce jeudi devant le tribunal de Mayville, en présence de la presse, laisse augurer un procès dans plusieurs mois.

M. Matar, tête baissée, masqué, menotté et habillé d’une tenue de prisonnier aux rayures noires et blanches, s’est exprimé jeudi par la voix de son avocat Nathaniel Barone.

Il risque jusqu’à 25 ans de prison pour tentative de meurtre et jusqu’à 7 ans de plus pour agression. Le juge David Foley l’a maintenu en détention, sans possibilité de libération sous caution, et l’accusation a répété que l’attaque était préméditée et « visait » M. Rushdie.

L’auteur britannique de 75 ans, poignardé une dizaine de fois au cou et à l’abdomen et évacué en hélicoptère vers un hôpital, avait brièvement dû être placé sous respirateur avant que son état ne s’améliore.

La fatwa de Khomeini

Hadi Matar n’a pas dit s’il avait été inspiré par la fatwa lancée par l’ayatollah iranien Rouhollah Khomeini en 1989, appelant à la mort de l’écrivain, son livre Les Versets sataniques ayant été jugé blasphématoire. Tout juste a-t-il expliqué au New York Post avoir « de l’estime pour l’ayatollah », quelqu’un de « remarquable ».

Quant à Salman Rushdie, M. Matar a affirmé qu’il n’était pas « un homme bien » et qu’il avait « attaqué l’islam ».

Ce jeune Américain du New Jersey était revenu « changé » et plus religieux après un voyage en 2018 au Liban, pays d’origine de ses parents, avait affirmé lundi sa mère au Daily Mail.

Il doit de nouveau comparaître devant la justice les 7 et 22 septembre, selon le juge Foley.

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