Le FBI saisit des documents chez Trump

L'ancien président avait emporté, lors de son départ de la Maison-Blanche en janvier 2021, des documents hautement confidentiels.
Photo: Agence France-Presse L'ancien président avait emporté, lors de son départ de la Maison-Blanche en janvier 2021, des documents hautement confidentiels.

La police fédérale américaine, le FBI, a saisi des documents classés top secret lors de sa perquisition chez l’ancien président Donald Trump, selon des documents judiciaires publiés vendredi. Les enquêteurs soupçonnent le politicien républicain, de par sa détention illégale de documents classifiés, d’avoir violé une loi américaine sur l’espionnage.

Plusieurs documents judiciaires ont été publiés vendredi par un juge de Floride : le mandat ayant autorisé la perquisition et un long inventaire des documents saisis lundi par les agents du FBI. Dans cette liste est d’ailleurs mentionné un ensemble de documents concernant le « président de la France », sans plus de précisions.

L’opération, conduite dans la résidence de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, avait provoqué la fureur de ses partisans et de nombreux ténors républicains évoquant une « persécution politique ».

Jeudi, dans une prise de parole exceptionnelle, le secrétaire à la Justice des États-Unis, Merrick Garland, avait demandé qu’un juge rende public le mandat autorisant la perquisition afin que ses motifs soient connus de tous.

Cette demande — très inhabituelle — avait été favorablement accueillie par Donald Trump. « Non seulement je ne m’opposerai pas à la publication des documents, […] mais j’irai plus loin en ENCOURAGEANT leur publication immédiate », avait écrit jeudi soir le milliardaire — qui s’était pourtant abstenu de rendre publique la copie du mandat qu’il avait reçue.

L’ex-président a assuré dans un communiqué vendredi que les documents récupérés par la police avaient tous été déclassifiés.

Pas une décision prise « à la légère »

Jeudi, au cours de sa brève allocution télévisée, Merrick Garland a assuré avoir « personnellement approuvé » cette perquisition.

« Le Département ne prend pas ce genre de décision à la légère », a souligné le secrétaire à la Justice, ajoutant que l’affaire revêtait un « intérêt public important » à trois mois des élections législatives de mi-mandat.

La loi oblige les présidents américains à transmettre l’ensemble de leurs courriels, lettres et autres documents de travail aux Archives nationales américaines. Or, Donald Trump avait emporté, lors de son départ de la Maison-Blanche, en janvier 2021, quinze cartons de documents, que des agents des Archives avaient dû récupérer en janvier, déjà, à Mar-a-Lago.

La perquisition de lundi était la première ayant jamais visé un ancien président des États-Unis.

 

Outré, Donald Trump a raconté lundi sur son réseau social Truth que ses avocats coopéraient « pleinement » avec les autorités lorsque « soudain et sans prévenir, Mar-a-Lago a été perquisitionné, à 6 h 30 du matin, par un TRÈS grand nombre d’agents ». 

Il s’est notamment plaint du fait que les agents du FBI aient « fouillé les placards de la première dame » Melania Trump.

Mercredi, il a même suggéré que la police fédérale ait pu avoir « placé » de fausses preuves contre lui lors de cette opération.

Le FBI ciblé par des sympathisants de Trump

Des sympathisants républicains, pourtant connus pour leur soutien aux forces de l’ordre, ont fustigé l’intervention du FBI, à tel point qu’une association d’agents a dénoncé des appels « inacceptables […] à la violence contre la police ».

Le département de la Justice des États-Unis a aussi signalé des « attaques infondées » contre lui et les agents de la police fédérale. 

Jeudi, un homme armé qui avait tenté de pénétrer dans des bureaux du FBI en Ohio a d’ailleurs été tué par les forces de l’ordre après une longue confrontation. Après la perquisition, les ténors républicains avaient fait bloc avec leur ancien président, qui conserve une forte emprise sur le parti et envisage d’être de nouveau candidat à la présidentielle en 2024.

L’ex-magnat de l’immobilier, au coeur de l’actualité judiciaire aux États-Unis, a aussi été soumis mercredi à une audition sous serment face à la procureure générale de New York, qui enquête au civil sur des soupçons de fraudes financières fiscales au sein du groupe familial Trump Organization. 

Il n’a alors cessé d’invoquer son droit de ne pas répondre aux questions en vertu du 5e amendement de la Constitution américaine.

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