Interrogé sur ses pratiques fiscales, Trump garde le silence

Donald Trump, avec son groupe Trump Organization, est accusé de fraudes par la justice new-yorkaise.
Julia Nikhinson Associated Press Donald Trump, avec son groupe Trump Organization, est accusé de fraudes par la justice new-yorkaise.

Donald Trump est reparti mercredi sans dire un mot après six heures d’audition chez la procureure générale de l’État de New York, dans le cadre d’une enquête au civil sur des soupçons de fraudes financières au sein de son groupe familial.

Le 45e président américain est visé depuis 2019 — avec deux de ses enfants, Ivanka et Donald Jr — par une enquête au civil de la plus haute magistrate de l’État de New York.

Le convoi de SUV noirs transportant l’ancien président des États-Unis a quitté le sud de Manhattan vers 15 h sous les yeux de journalistes, de partisans et de badauds armés de leurs téléphones portables que Donald Trump a salués derrière les vitres fumées de son véhicule.

Arrivé vers 9 h au bureau de la procureure générale Letitia James, le milliardaire a gardé le silence en invoquant le fameux 5e amendement de la Constitution américaine, qui autorise à ne pas témoigner contre soi-même.

Dans un communiqué dans la matinée, M. Trump s’était dit une nouvelle fois victime d’une « chasse aux sorcières » et avait affirmé avoir « refusé de répondre aux questions, en vertu des droits et prérogatives accordés à tout citoyen par la Constitution des États-Unis ».

« République bananière »

En débarquant mardi soir dans la capitale économique et culturelle des États-Unis, l’homme d’affaires avait annoncé qu’il allait « voir la procureure générale raciste de New York ». Il s’estime, avec son groupe Trump Organization, « attaqué de toutes parts » dans un pays gouverné par son adversaire Joe Biden. Une « république bananière », selon lui.

L’un des fils Trump, Eric, a dénoncé aussi sur Twitter le fait que son père soit contraint à « une déposition en face de la plus corrompue des procureurs généraux des États-Unis (Letitia James) ». Le « mal » incarné, d’après Eric Trump.

Cette audition de Donald Trump — qui a quitté le pouvoir le 20 janvier 2021 sans reconnaître la victoire de Joe Biden et qui veut se représenter en 2024 — était réclamée par Mme James depuis des mois et avait été fixée au 15 juillet. Mais le décès de la première épouse de Donald Trump, Ivana, avait encore repoussé l’évènement.

Les Trump ont finalement cédé à la pression après trois années d’enquête de Mme James.

D’après CNN, son épouse, Ivanka, et Donald Jr avaient discrètement été entendus par les services de la procureure générale fin juillet et début août.

Fraudes

 

Les investigations contre le groupe familial Trump Organization avaient été lancées après le témoignage explosif au Congrès d’un des anciens avocats personnels de Donald Trump, Michael Cohen, faisant état d’évaluations frauduleuses, à la hausse ou à la baisse, d’actifs au sein de la Trump Organization, pour décrocher des prêts, obtenir des réductions d’impôts ou de meilleures indemnisations d’assurances.

Letitia James avait assuré en janvier avoir « mis au jour des preuves importantes qui font penser que Donald Trump et la Trump Organization avaientfaussement et frauduleusement valorisé nombre d’actifs », notamment des golfs ou le triplex personnel du milliardaire américain, situé dans la Trump Tower à New York.

Des allégations balayées par les avocats de Donald Trump.

 

La procureure générale n’a pas le pouvoir d’inculper Donald Trump, mais elle peut engager des poursuites civiles et, notamment, réclamer des réparations financières.

Les faits présumés font aussi l’objet d’une enquête, pénale cette fois, menée par le procureur de Manhattan Alvin Bragg.

Perquisition du FBI

 

Cette audition survient deux jours après une perquisition sans précédent du domicile de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, qui a déclenché une vague d’indignation chez les républicains.

Il a même suggéré sur Truth Social que le FBI puisse avoir « placé » des preuves contre lui lors de l’opération.

Jamais un ancien locataire de la Maison-Blanche n’avait été inquiété par la justice de cette façon.

La perquisition de la police fédérale a-t-elle à voir avec les nombreux cartons que Donald Trump a emportés avec lui en quittant la Maison-Blanche en janvier 2021 ? Est-elle liée à l’enquête sur sa responsabilité dans l’assaut du Capitole ? Concerne-t-elle plutôt les soupçons de fraude financière dont la Trump Organization fait l’objet à New York ?

Ni le département de la Justice, ni le FBI, ni la justice de New York n’ont fait de commentaire cette semaine.

Donald Trump, qui flirte ostensiblement avec une nouvelle candidature en 2024, clame son innocence dans toutes ces affaires

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