La variole simienne déclarée urgence de santé publique aux États-Unis

Cette décision  doit permettre de débloquer des fonds, faciliter la collecte de données et déployer davantage d’effectifs pour lutter contre la maladie.
Mario Tama Getty Images via Agence France-Presse Cette décision doit permettre de débloquer des fonds, faciliter la collecte de données et déployer davantage d’effectifs pour lutter contre la maladie.

Les États-Unis ont déclaré jeudi une urgence de santé publique pour l’épidémie de variole simienne, une décision qui doit faciliter la collecte de données et permettre au pays de débloquer des fonds et de déployer davantage d’effectifs pour lutter contre la maladie.

« Nous sommes prêts à monter d’un cran notre réponse au virus et nous appelons tous les Américains à prendre la variole simienne au sérieux et à faire le nécessaire pour nous aider à lutter contre le virus », a déclaré le secrétaire américain à la Santé, Xavier Becerra.

La déclaration, en vigueur pour 90 jours et renouvelable, intervient au moment où le nombre de cas recensés aux États-Unis dépasse les 6600, dont environ le quart se concentrent dans le seul État de New York. Les experts craignent toutefois que le chiffre réel soit bien supérieur : les symptômes de la maladie sont parfois très discrets, dont de simples lésions qui peuvent êtrevues comme similaires à celles de maladies sexuellement transmissibles (MST), une catégorie dans laquelle ne rentre cependant pas la variole simienne.

Le gouvernement fédéral a fourni environ 600 000 doses du vaccin Jynneos, initialement mis au point pour la variole humaine. Mais ce nombre reste bien loin des quelque 1,6 million de personnes aux États-Unis considérées comme étant à haut risque. Afin d’élargir l’accès au vaccin, l’agence américaine des médicaments étudie la possibilité d’autoriser les soignants à administrer cinq doses à partir d’une seule en modifiant la façon dont il est injecté.

Le département américain de la Santé avait indiqué la semaine dernière que 99 % des cas de variole simienne recensés au pays concernaient des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. À l’inverse de précédentes vagues qui ont sévi en Afrique, cette nouvelle épidémie se transmet surtout sexuellement, mais d’autres voies sont possibles — le partage d’un lit et des contacts prolongés en face à face, par exemple —, indiquent les autorités sanitaires américaines.

Il n’y a eu pour l’instant aucun décès attribuable à la maladie recensé aux États-Unis, mais certains patients ont dû être hospitalisés à cause d’intenses douleurs.

L’Organisation mondiale de la santé a déclenché dès la fin juillet son plus haut niveau d’alerte afin de renforcer la lutte contre la maladie. Les premiers symptômes sont une forte fièvre, le gonflement de ganglions lymphatiques et une éruption cutanée semblable à celle que cause la varicelle.

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