Steve Bannon jugé pour son refus de coopérer à l’enquête sur l’assaut du Capitole

Les membres du 1776 Restoration Movement ont manifesté devant le tribunal au premier jour du procès de Steve Bannon.
Photo: Stefani Reynolds Agence France-Presse Les membres du 1776 Restoration Movement ont manifesté devant le tribunal au premier jour du procès de Steve Bannon.

La justice américaine a sélectionné lundi les jurés chargés d’examiner le refus par Steve Bannon, un proche de Donald Trump, de coopérer à l’enquête parlementaire sur l’assaut contre le Capitole.

Son procès pour « entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès » entrera donc dans le dur mardi avec les déclarations préliminaires de l’accusation et de la défense. Compte tenu de l’extrême sensibilité politique du dossier, il a fallu une journée entière pour sélectionner 22 jurés potentiels, un nombre qui sera ramené à douze titulaires et deux remplaçants mardi matin.

Conseiller discret, mais très influent, il avait joué un rôle crucial dans l’élection du milliardaire républicain en 2016, en donnant un virage résolument populiste à sa campagne, avant d’être poussé vers la sortie l’année suivante.

Les deux hommes, restés proches, avaient échangé dans les jours qui ont précédé l’attaque du 6 janvier 2021 contre le siège du Congrès, selon la commission de la Chambre des représentants chargée de faire la lumière sur le rôle de l’ancien président dans ce coup de force.

Pour connaître la nature de leurs discussions, la commission avait assigné Steve Bannon à témoigner et à produire des documents. Il avait refusé, invoquant le droit des présidents à garder certaines conversations secrètes.

Son refus lui a valu d’être inculpé, en novembre, de deux chefs d’accusation d’outrage au Congrès. Chaque chef d’accusation est passible d’un minimum de 30 jours d’emprisonnement et d’un maximum d’un an derrière les barreaux.

Maintien du procès

 

À l’approche de son procès, cet homme de 68 ans avait fait volte-face et accepté de coopérer avec les parlementaires. Les procureurs avaient dénoncé « un revirement de dernière minute afin d’éviter » une condamnation, et le juge responsable du dossier a souhaité maintenir le procès.

Ses avocats ont également demandé, en vain, un report du procès par crainte que les jurés ne soient influencés par la diffusion des audiences de la commission d’enquête, dont la prochaine est prévue jeudi soir à une heure de grande écoute.

Une grande partie des questions posées aux jurés potentiels par l’un des avocats de Bannon, Evan Corcoran, portait d’ailleurs sur le fait qu’ils avaient regardé ou non les audiences du 6 janvier et s’ils avaient des opinions sur la commission et son travail.

Un juré potentiel a déclaré sans ambages au juge Carl Nichols que rester impartial serait un « défi » pour lui, car il croit « que [Steve Bannon] est coupable ».

Après plus d’un an d’investigations, la commission d’enquête détaillera la journée du 6 janvier telle qu’elle a été vécue par Donald Trump.

Le républicain est soupçonné de n’avoir rien fait pendant près de trois heures, alors que ses partisans envahissaient le Capitole, semaient la violence et le chaos et forçaient les élus à interrompre la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Avec l’Associated Pres

Manifestation en soutien à Bannon

Quelques membres du 1776 Restoration Movement, un groupe qui demande la restauration d’une République constitutionnelle aux États-Unis et qui est issu du mouvement plus large People’s Convoy, se sont rassemblés lundi devant le tribunal de Washington, en soutien à Steve Bannon. Pendant que le jury commençait à être constitué pour le procès de l’ex-influent conseiller de Donald Trump, les protestataires arboraient des drapeaux américains et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « La liberté plutôt que la peur » ou encore
« Défendez vos droits ».



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