Moscou resserre son étau dans l’est de l’Ukraine

À Kharkiv, les sirènes d’alerte aérienne ont à nouveau retenti vendredi à l’aube. Des bombardements la veille avaient fait neuf morts et 19 blessés, tous des civils, selon Kiev.
Bernat Armangue Associated Press À Kharkiv, les sirènes d’alerte aérienne ont à nouveau retenti vendredi à l’aube. Des bombardements la veille avaient fait neuf morts et 19 blessés, tous des civils, selon Kiev.

Moscou a continué de gruger l’est de l’Ukraine vendredi, à une semaine du centième jour de son invasion. De son côté, Kiev continue de promettre que la région du Donbass « sera de nouveau ukrainienne » au terme de cette guerre qui s’éternise.

« Comme prévu, la situation dans le Donbass est très difficile. Les occupants tentent d’atteindre en au moins 100 jours de guerre les objectifs qu’ils espéraient atteindre dans les premiers jours après [l’invasion du] 24 février », a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans son discours quotidien à la nation, filmé dans la nuit de vendredi à samedi.

Plus tôt en journée, la défense territoriale de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, dans l’est du pays, a indiqué sur Telegram avoir « pris le contrôle complet » de Lyman, avec « l’appui » des forces de Moscou. Une information que n’a pas commentée vendredi l’armée ukrainienne.

Après avoir échoué dans les dernières semaines à prendre le contrôle de Kiev, la capitale, et de Kharkiv, la deuxième ville du pays, l’armée russe a mobilisé ses forces vers l’est du pays, où l’essentiel des combats fait désormais rage. « Il y a des frappes de missiles et des attaques d’avions », a souligné M. Zelensky dans sa vidéo, tout en promettant une augmentation des ressources militaires ukrainiennes qui seront déployées dans la région.

Prendre le contrôle de Lyman permettrait à l’armée russe d’étendre ses gains dans les centres régionaux de Sloviansk, puis de Kramatorsk, tout en contribuant à l’encerclement de l’agglomération formée par les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk, plus à l’est.

Or, si les militaires russes pensent qu’elle peut prendre le contrôle de ces villes, « ils se trompent », a lancé M. Zelensky sur un ton de défi, tout en assurant que la région du Donbass « sera de nouveau ukrainienne » au terme de cette guerre, qui en était vendredi à son 93e jour. Ce secteur est partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses.

Un responsable policier de la république séparatiste autoproclamée de Louhansk, cité par l’agence Ria Novosti, a pour sa part affirmé vendredi que « la ville de Severodonetsk est actuellement encerclée » et que les troupes ukrainiennes y sont piégées. Les autorités locales ont d’ailleurs rapporté la mort de plusieurs civils en l’espace de 24 heures dans cette ville lourdement endommagée par la guerre.

Ailleurs au pays, des missiles russes ont visé vendredi une installation militaire de la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine. « On déplore une dizaine de morts et entre 30 et 35 blessés », tous des militaires, a déclaré Guennadi Korban, le responsable de la défense locale. Quelque 14 corps de soldats ukrainiens ont par ailleurs été découverts dans la ville portuaire dévastée de Marioupol, dans le sud du pays. « Les recherches se poursuivent, il pourrait y en avoir jusqu’à 40 », a indiqué un responsable sanitaire, Dmitri Kalachnikov, selon qui ces soldats ont péri en « février-mars ».

Des armes et des masques

 

Vendredi, le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, s’est de nouveau tourné vers les réseaux sociaux pour réclamer plus d’armes de la part de l’Occident. Sa demande devrait bientôt être exaucée : des médias américains, dont le New York Times, ont en effet rapporté vendredi que les États-Unis s’apprêteraient à annoncer la semaine prochaine l’envoi de systèmes de lance-roquettes à longue portée en Ukraine.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a par ailleurs indiqué vendredi avoir discuté avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, « d’un soutien supplémentaire » et « d’une réponse mondiale à la crise de sécurité alimentaire résultant de l’agression brutale du Kremlin ». Actuellement, l’Ukraine, une grande puissance agricole, ne peut plus exporter ses céréales en raison du blocage de ses ports, mais la Russie continue de nier qu’elle est responsable de la crise alimentaire qui émerge sur la planète.

Le Canada, pour sa part, a indiqué vendredi avoir puisé dans son propre stock stratégique de fournitures médicales d’urgence afin de soutenir l’Ukraine, où plusieurs hôpitaux ont été bombardés dans les dernières semaines. Ottawa a fait don à l’Ukraine de plus de 375 000 articles d’équipement médical et de médicaments depuis le début de l’invasion russe. Du lot, on compte des masques, des trousses de premiers soins et de traumatologie, ainsi que des instruments chirurgicaux, entre autres.


Avec La Presse canadienne et l’Agence France-Presse



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