Les États-Unis en deuil après une fusillade ayant fauché 19 écoliers au Texas

La fusillade s’est produite à l’école primaire Robb, qui accueille des enfants âgés de moins de 10 ans. Plus de 500 enfants, dont près de 90% d’origine hispanique, étudiaient dans l’établissement pendant l’année scolaire 2020- 2021, selon des données de l’État.
Photo: William Luther Associated Press La fusillade s’est produite à l’école primaire Robb, qui accueille des enfants âgés de moins de 10 ans. Plus de 500 enfants, dont près de 90% d’origine hispanique, étudiaient dans l’établissement pendant l’année scolaire 2020- 2021, selon des données de l’État.

Un adolescent de 18 ans a ouvert le feu mardi dans une école primaire d’Uvalde, au Texas, tuant 19 jeunes élèves et deux adultes, dont au moins un enseignant, un drame qui replonge l’Amérique dans le cauchemar récurrent des fusillades en milieu scolaire.

De retour d’une tournée en Asie, le président des États-Unis s’est adressé à la nation depuis la Maison-Blanche, quelques heures après le drame rappelant celui survenu à l’école Sandy Hook il y a un peu moins de 10 ans.

Visiblement ému, Joe Biden a exhorté mardi ses concitoyens à demander des comptes aux lobbies et aux politiciens qui bloquent les « lois de bon sens sur les armes à feu » que son parti tente de mettre en place depuis plusieurs années. « Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? » a-t-il lancé. « Je suis écœuré et fatigué. »

« Il est temps de transformer cette douleur en action pour chaque parent, pour chaque citoyen de ce pays », a lancé le président américain en appelant à la réglementation des armes à feu.

Des enfants pris pour cibles

 

Le tireur présumé, identifié comme Salvador Ramos, est lui aussi décédé dans la tuerie qui a touché la communauté d’Uvalde, située à environ 130 kilomètres à l’ouest de San Antonio. Il a été tué par la police, ont indiqué des responsables du département texan de la sécurité publique.

Il a tué ses victimes « d’une façon atroce et insensée », a déclaré le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, lors d’une conférence de presse. Salvador Ramos aurait d’abord visé sa grand-mère, dont l’état de santé restait à préciser, avant de se rendre à l’école et « d’abandonner sa voiture » pour entrer dans le bâtiment avec « une arme de poing » et peut-être « un fusil », selon le gouverneur. Les mobiles de cette attaque, l’une des pires à survenir dans une école depuis des années, étaient pour l’instant inconnus.

La fusillade s’est produite à l’école primaire Robb, qui accueille des enfants âgés de moins de 10 ans. Plus de 500 enfants, dont près de 90 % d’origine hispanique, étudiaient dans l’établissement pendant l’année scolaire 2020-2021, selon des données de l’État.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montraient des enfants évacués en urgence, courant par petits groupes vers des autobus scolaires jaunes, devant cet établissement aux bâtiments bas et plats typiques du sud des États-Unis.

 

« Trop, c’est trop », a lancé dès les premières heures la vice-présidente du pays, Kamala Harris, appelant les autorités à « agir » en ce qui concerne les violences par armes à feu, un fléau national. « Nos cœurs continuent d’être brisés », a-t-elle déclaré. « Nous devons trouver le courage d’agir », a-t-elle ajouté à l’adresse du Congrès, impuissant à légiférer malgré les tragédies.

Photo: Brandon Bell Getty Images via Agence France-Presse La fusillade s’est produite à l’école primaire Robb, qui accueille des enfants âgés de moins de 10 ans. 

La Maison-Blanche a par ailleurs ordonné la mise en berne des drapeaux dans tous les bâtiments publics pour « honorer les victimes » d’Uvalde.

Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment, accompagnés d’images choquantes d’élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d’être évacués par les forces de l’ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.

Des tragédies à répétition

Le drame rappelle celui qu’a vécu en décembre 2012 l’école primaire Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut, où un déséquilibré de 20 ans avait tué 26 personnes, dont 20 enfants âgés de 6 et 7 ans, avant de se suicider.

Chris Murphy, sénateur démocrate de cet État du nord-est des États-Unis, a « supplié » mardi ses collègues élus d’agir, assurant que ces tragédies n’étaient pas « inévitables ». « Cela n’arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants vont à l’école en pensant qu’ils pourraient se faire tirer dessus. »

Les États-Unis ont aussi été particulièrement marqués par une fusillade perpétrée dans une école secondaire de Parkland, en Floride, qui avait fait 17 morts, dont une majorité d’adolescents, en 2018.

Cette nouvelle tuerie, d’autant plus choquante que les victimes sont des enfants, ne manquera pas de relancer les critiques sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis, un débat qui tourne pratiquement à vide étant donné l’absence d’espoir que le Congrès adopte une loi nationale ambitieuse sur la question.

La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a parlé d’un acte « monstrueux qui a volé l’avenir de chers enfants ». « Il n’existe pas de mots pouvant décrire la douleur et l’indignation que provoque le massacre de sang-froid de petits écoliers et d’enseignants », a-t-elle écrit dans un communiqué.

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