19 Marines tués en Irak

Peu avant l’attaque qui a fait 24 morts dans le réfectoire d’une base américaine à Mossoul, des centaines d’étudiants avaient manifesté dans le centre de la ville pour exiger que les troupes américaines cessent de s’introduire sans préveni
Photo: Agence France-Presse (photo) Peu avant l’attaque qui a fait 24 morts dans le réfectoire d’une base américaine à Mossoul, des centaines d’étudiants avaient manifesté dans le centre de la ville pour exiger que les troupes américaines cessent de s’introduire sans préveni

L'armée américaine a été la cible hier d'une attaque meurtrière à Mossoul, dans le nord du pays, qui a fait au moins 24 morts, dont 19 soldats américains, et 60 blessés.

Le général Carter Ham, commandant des 8000 soldats américains stationnés à Mossoul, a déclaré que des soldats américains, des entrepreneurs américains et étrangers et des membres de la nouvelle armée irakienne figuraient parmi les morts. Il a affirmé qu'une seule explosion s'était produite.

Présent sur les lieux de l'attaque, Jeremy Redmon, journaliste du Richmond Times, quotidien local de Virginie, a indiqué que l'attaque avait touché une tente remplie de centaines de soldats qui venaient juste de s'asseoir à table pour déjeuner. De son côté, la société américaine de services pétroliers Halliburton a indiqué que quatre de ses employés et trois sous-traitants avaient également perdu la vie lors de l'attaque.

Au Pentagone, des responsables ont toutefois précisé que des roquettes et des obus de mortiers s'étaient abattus sur la cantine de la base Marez vers midi, heure à laquelle des dizaines de soldats viennent souvent déjeuner.

Cette attaque a été revendiquée par Ansar al-Sounna, l'une des organisations les plus actives dans l'insurrection contre les forces américaines et les autorités irakiennes. Dans un communiqué publié sur un site Internet, ce groupe a précisé que sa cible était le réfectoire du camp américain. Quelques heures après l'attaque, dans un communiqué diffusé sur un site Internet islamiste, les auteurs présumés de l'attaque ont expliqué qu'«un membre des moudjahidines de l'armée d'Ansar al-Sounna a mené une opération martyre».

Peu avant l'attaque, des centaines d'étudiants avaient manifesté dans le centre de Mossoul pour exiger que les troupes américaines cessent de s'introduire sans prévenir dans les maisons et les mosquées de la ville.

Le président américain George W. Bush a immédiatement condamné cette attaque et réaffirmé que les terroristes et les fidèles de Saddam Hussein seraient vaincus, selon la Maison-Blanche.

«Les terroristes et les partisans de Saddam cherchent désespérément à faire dérailler la transition vers la démocratie et la liberté en Irak», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan. «Ils seront vaincus», a-t-il souligné en précisant que George W. Bush déplorait la perte de vies. «Au fur et à mesure que nous aidons les Irakiens à construire un Irak libre et démocratique, les ennemis de la liberté cherchent à faire dérailler cette transition.»

Le président américain s'est rendu hier après-midi dans un hôpital militaire de la région de Washington auprès de soldats blessés en Irak.

La journée la plus meurtrière pour les forces américaines en Irak est survenue aux premiers jours de l'offensive pour renverser Saddam Hussein, lorsque 29 soldats étaient tombés au combat. En novembre 2003, 17 militaires américains ont péri dans la collision de deux hélicoptères près de Mossoul.

L'attaque de ce camp militaire contraste avec les propos de Tony Blair qui, lors d'une visite surprise à Bagdad, a affirmé que les Irakiens, soutenus par les États-Unis et la Grande-Bretagne, allaient «réussir» dans leur lutte contre le «terrorisme». Le déplacement du premier ministre n'avait pas été annoncé pour des raisons de sécurité. Il s'agit de la première visite de M. Blair à Bagdad et la troisième en Irak depuis avril 2003. Il s'était rendu auprès des troupes britanniques à Bassora, dans le sud du pays, à la mi-2003 et en janvier 2004.

Blair a rendu hommage aux «héros du nouvel Irak» qui «risquent leur vie tous les jours» pour organiser les élections législatives prévues le 30 janvier. Il a reconnu que ce scrutin ne mettrait pas un terme à l'insurrection, mais il a toutefois formulé l'espoir d'une amélioration de la sécurité en Irak, où les violences continuent dans de nombreuses régions à l'approche des élections.

Au cours des dernières 24 heures, près de Baaqouba (nord), un professeur d'université spécialisé dans le nucléaire a été assassiné et l'enfant d'une Irakienne travaillant sur une base américaine a été kidnappé, a indiqué une source policière à Bagdad.

Toujours dans le nord, à Samarra, le maire d'une localité et deux civils ont été tués dans des incidents armés distincts. Six civils dont deux enfants ont été également blessés par des tirs de mortier qui visaient apparemment une position américaine, selon l'hôpital de Samarra. Un civil a succombé à ses blessures dans le même hôpital après avoir été blessé dans la nuit dans des échanges de tirs près de Samarra.

Au sud de Bagdad, les corps de deux membres de la Garde nationale ont été découverts lundi soir dans la région de Latifiyah, située dans la zone appelée «le triangle de la mort» en raison des nombreuses attaques dont elle était le théâtre avant une récente opération des Marines et des forces irakiennes.

Par ailleurs, le ministre irakien de l'Intérieur, Falah al-Nakib, a affirmé que mille policiers irakiens avaient été tués dans les affrontements dans le pays depuis la remise sur pied de ce corps par les Américains, ajoutant toutefois que les opérations terroristes ont diminué de 50 % après la fin de l'offensive militaire contre Fallouja, à l'ouest de Bagdad, lancée le 8 novembre.

M. Nakib a par ailleurs accusé la télévision satellitaire al-Jazira de «faire de la publicité pour les bandes terroristes» en Irak.

D'autre part, les sabotages d'infrastructures pétrolières au nord de Bagdad, qui se sont multipliés ces derniers jours, ont pris une telle ampleur qu'ils menacent de paralyser ce secteur vital pour l'économie de cette partie de l'Irak.