Le sort de Ghislaine Maxwell entre les mains du jury à son procès pour trafic sexuel

Ghislaine Maxwell, au centre, parle à son avocat Christian Everdell.
Elizabeth Williams via Associated Press Ghislaine Maxwell, au centre, parle à son avocat Christian Everdell.

Le jury au procès pour trafic sexuel à New York de Ghislaine Maxwell a repris ses délibérations mardi pour décider si l’ancienne compagne du financier américain Jeffrey Epstein, mort en prison, a aidé ce dernier à s’entourer de jeunes filles pour qu’il les exploite sexuellement.

Au tribunal fédéral de Manhattan, les douze jurés s’étaient déjà retirés pendant une heure lundi en fin d’après-midi pour entamer leur huis clos, après une dernière journée de débats consacrée aux plaidoiries de la défense et de l’accusation. Ils se sont à nouveau réunis mardi matin afin de poursuivre leurs délibérations.

Après trois semaines de procès, ils doivent dire si Ghislaine Maxwell, 59 ans, s’est rendue ou non coupable de six crimes, tous en lien avec des violences sexuelles commises entre 1994 et 2004 par Jeffrey Epstein sur quatre victimes mineures à l’époque des faits, qui ont témoigné au procès.

Soupçonné de s’être entouré pendant des années de nombreuses jeunes filles, à qui il demandait des massages sexuels, dans ses résidences luxueuses en Floride, au Nouveau-Mexique ou dans les îles Vierges américaines, le multimillionnaire s’était suicidé dans une prison new-yorkaise à l’été 2019. Une fin qui avait fait scandale, privant des dizaines de victimes d’un procès. Un an plus tard, Ghislaine Maxwell avait été arrêtée.

« Prédatrice sophistiquée »

La fille de Robert Maxwell, le magnat des médias mort en 1991, risque une longue peine de prison si elle est déclarée coupable comme l’a demandé lundi la procureure Alison Moe, qui l’a dépeinte en « prédatrice sophistiquée » et en personnage clé du système mis en place avec Jeffrey Epstein, dont elle fut la « partenaire en amour » et « le bras droit ». Cette peine serait fixée ultérieurement.

« Epstein aimait les jeunes filles mineures, il aimait toucher des jeunes filles mineures. Maxwell le savait », avait lancé la procureure, en rappelant que trois des quatre victimes ont confié durant le procès que l’accusée elle-même leur avait touché la poitrine, notamment dans la luxueuse villa du financier, à Palm Beach, en Floride.

Une villa où Ghislaine Maxwell agissait en « maîtresse de maison », s’occupant de tout jusqu’au choix des « lotions » et des « huiles » pour les massages d’Epstein, qui se terminaient toujours par des actes sexuels, a assuré Alison Moe, courriels de l’accusée à l’appui.

La défense a au contraire plaidé l’acquittement, assurant qu’il n’y avait « aucune preuve que Ghislaine Maxwell » ait recruté une seule des quatre victimes pour la livrer à Epstein et fustigeant « la mémoire très mauvaise et variable » des accusatrices sur des événements vieux de plus de 25 ans.

« Pas besoin de témoigner »

Concrètement, le jury doit dire si Ghislaine Maxwell a encouragé l’une d’elles, qui a témoigné sous le pseudonyme de « Jane », à avoir des relations sexuelles avec le multimillionnaire entre 1994 et 1997, soit de ses 14 à ses 17 ans. Ou si elle s’est rendue coupable de trafic sexuel à l’encontre de « Carolyn », également mineure à l’époque des faits, entre 2001 et 2004.

Trois autres des six chefs d’accusation portent sur des ententes en vue de trafic sexuel ou d’incitation de mineures à avoir des relations sexuelles avec Maxwell.

Durant son témoignage, « Jane » avait raconté comment le couple l’avait abordée, près d’un camp de vacances dans le Michigan, puis l’avait mise à l’aise, promettant d’aider cette jeune fille issue d’une famille défavorisée de Palm Beach.

En prison depuis son arrestation, Ghislaine Maxwell a plaidé non coupable.

 

« Votre honneur, le ministère public n’a pas fourni de preuve au-delà du doute raisonnable, je n’ai donc pas besoin de témoigner », avait-elle affirmé vendredi, pour sa seule prise de parole en trois semaines.



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