Les États-Unis mobilisés face à la déferlante Omicron

Washington mise sur les tests et les vaccins pour réduire la propagation d’Omicron. Des centres de dépistage gratuit sont accessibles, dans le but d’élargir l’accès aux tests pour les Américains.
Photo: Alex Wong/Getty Images/AFP Washington mise sur les tests et les vaccins pour réduire la propagation d’Omicron. Des centres de dépistage gratuit sont accessibles, dans le but d’élargir l’accès aux tests pour les Américains.

Face au variant Omicron qui déferle sur le monde, Washington s’est mobilisé mardi, misant sur les tests et les vaccins, tandis qu’en Allemagne le nouveau chancelier, Olaf Scholz, a durci les restrictions à l’approche des Fêtes, à l’instar de ce qui a été décidé dans de nombreux autres pays européens.

Omicron se répand à une vitesse fulgurante à travers la planète. Aux États-Unis, il a représenté 73,2 % des nouvelles contaminations par la COVID-19 pendant la semaine achevée le 18 décembre, avec des pics de 95 % dans certains États du Nord-Ouest, selon les autorités.

Dans ce contexte, Joe Biden doit annoncer mardi de nouvelles mesures dans le pays le plus endeuillé  par la pandémie, avec plus de 807 000 morts.

La Maison-Blanche a détaillé mardi la stratégie du président américain : tests, capacités de vaccination renforcées et moyens supplémentaires pour les hôpitaux, mais pas de nouvelles restrictions avant Noël. De longues files d’attente s’étiraient devant les centres de tests partout aux États-Unis. « Il n’est pas nécessaire de confiner nos écoles, ni notre économie », a assuré un haut responsable de la Maison-Blanche.

Les autorités vont distribuer gratuitement 500 millions de tests et mobiliser un millier de médecins, infirmiers et membres du personnel médical de l’armée.

Les États-Unis vont également donner plus d’un demi-milliard de dollars d’aide supplémentaire à des organisations internationales pour lutter contre la COVID-19 face à l’irruption d’Omicron.

Au Danemark aussi, ce variant est désormais dominant. Ce pays de 5,8 millions d’habitants a enregistré 13 558 nouveaux cas de COVID-19 ces dernières 24 heures, un record absolu.

Restrictions en Allemagne

 

En Allemagne, le nouveau chancelier, Olaf Scholz, a annoncé mardi soir, après une réunion de crise avec les représentants des 16 régions du pays, qu’à partir du 28 décembre un maximum de dix invités vaccinés — ou deux non-vaccinés — était autorisé pour les Fêtes et que les « grandes manifestations interrégionales », dont les compétitions sportives, se feraient sans public.

Contrairement aux Pays-Bas voisins, elle ne fermera pas les magasins jugés non essentiels, les cinémas ou les restaurants, estimant suffisant de les réserver aux personnes vaccinées ou guéries.

 

Pas de mesures de ce type prévues non plus en France, où environ 20 % des nouveaux cas de COVID-19 relèvent désormais d’Omicron, qui ne représentait que 10 % des contaminations en fin de semaine dernière, selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Le taux d’incidence de la COVID-19 atteint « une nouvelle fois un record » en France, soit 537 cas pour 100 000 habitants, a-t-il précisé.

Au Royaume-Uni, qui figure parmi les pays les plus sévèrement touchés (plus de 90 000 contaminations par jour), le gouvernement a débloqué mardi un milliard de livres pour les entreprises subissant les conséquences d’Omicron, tandis que les absences pour COVID-19 perturbent toute l’économie britannique.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, avait annoncé lundi soir l’annulation des festivités prévues dans la capitale britannique pour le Nouvel An, tout comme le Maroc, qui a en outre instauré un couvre-feu entre minuit et 6 h.

L’Écosse leur a emboîté le pas mardi, annulant ses festivités et durcissant également ses restrictions sanitaires.

À cause d’Omicron, le Portugal va lui aussi renforcer ses dispositifs à partir de la semaine prochaine (télétravail obligatoire, bars et discothèques fermés), comme la Suède dès jeudi (télétravail, passeport vaccinal élargi, etc.).

Objectif 2022

 

Pour se protéger, il faut « dans certains cas annuler un événement », a conseillé lundi le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, car « un événement annulé vaut mieux qu’une vie de moins ».

D’après lui, il est possible de mettre fin à la pandémie l’an prochain « en veillant à ce que 70 % de la population de chaque pays soit vaccinée » d’ici à mi-2022.

Selon la cheffe scientifique de l’Organisation mondiale de la santé, Soumya Swaminathan, les premières données d’Afrique du Sud montrent que les hospitalisations liées à Omicron restent moins nombreuses que pendant les précédentes vagues dues à Delta.

L’OMS a homologué d’urgence mardi un nouveau vaccin contre la COVID-19, celui de la société américaine Novavax — le dixième qu’elle approuve ainsi —, à la technologie plus classique et différente des vaccins déjà largement utilisés dans l’UE.

Au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, les autorités ont appelé au « strict » respect des règles sanitaires pendant les Fêtes, au vu d’« une augmentation de 500 % du nombre de cas confirmés ces deux dernières semaines à travers le pays à cause des variants Delta et Omicron ».

Face au déferlement d’Omicron, Israël a ajouté mardi les États-Unis et plusieurs autres pays à sa liste rouge d’une cinquantaine d’États vers lesquels il est interdit de voyager. La Thaïlande a pour sa part rétabli la quarantaine pour tous les voyageurs.

La pandémie a fait au moins 5,35 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP mardi, sans doute bien inférieur à la réalité.

Depuis, l’épidémie a été pratiquement éradiquée en Chine grâce à des mesures drastiques, mais la grande ville de Xi’an (nord) a commencé mardi à dépister l’ensemble de ses 13 millions d’habitants après la détection d’une quarantaine de cas.

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