Biden impose un nouveau virage vert aux véhicules américains

Les voitures électriques représentent aujourd’hui entre 2% et 4% des ventes automobiles totales aux États-Unis.
Photo: Spencer Platt Getty Images via Agence France-Presse Les voitures électriques représentent aujourd’hui entre 2% et 4% des ventes automobiles totales aux États-Unis.

Les voitures vendues aux États-Unis devront être économes en carburant dès 2023, ce qui doit accélérer le déploiement du véhicule électrique, a annoncé le gouvernement Biden au moment où son plan pour l’environnement a du plomb dans l’aile après la défection d’un sénateur clé.

Les constructeurs automobiles devront ainsi améliorer la performance énergétique de leurs modèles de 5 % à 10 % par an entre 2023 et 2026, contre 1,5 % par an exigé en mars 2020 par le gouvernement Trump, et 5 % par le gouvernement Obama.

Ces nouvelles normes de consommation, publiées lundi par l’Agence de protection environnementale (EPA), doivent permettre de resserrer une réglementation qui avait été fortement assouplie sous la présidence de Donald Trump.

Il s’agit des « normes fédérales d’émissions de gaz à effet de serre les plus ambitieuses jamais établies pour les voitures particulières et les pick-up », a assuré l’agence dans un communiqué.

Joe Biden, qui aime à se présenter comme « un gars qui aime les voitures », avait promis en août dernier des normes de consommation plus strictes.

Il avait alors affiché de grandes ambitions pour verdir l’industrie automobile américaine, à la traîne par rapport à ses concurrents étrangers, et comptait notamment, pour y parvenir, sur des investissements prévus dans le cadre de ses gigantesques réformes environnementales et sociales.

Or, le plan « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux ») et ses 1750 milliards de dollars américains de dépenses semblaient lundi voués à l’échec au lendemain de l’annonce du refus d’un sénateur démocrate clé, le très modéré Joe Manchin, d’y apporter son soutien.

Voitures électriques

 

En attendant un plan plus ambitieux, l’EPA impose que les voitures — VUS et pick-up inclus — soient capables d’ici mi-2026 de parcourir, à vitesse continue, 88,5 kilomètres (55 miles) avec un gallon de carburant (près de 4 litres), contre 69 km par gallon prévus par le gouvernement Trump.

L’ancien président républicain avait en effet largement assoupli la réglementation prévue par le gouvernement Obama, qui prévoyait 80,5 km par gallon d’ici mi-2025.

En conditions réelles de circulation, cela représente, pour cette nouvelle réglementation, 64,5 km par gallon, contre 51,5 km prévus par le gouvernement Trump et 58 km pour le gouvernement Obama.

Il s’agit cependant d’une moyenne, certains véhicules consommeront plus, d’autres moins.

Pour y parvenir, les constructeurs automobiles devront améliorer les performances techniques de leurs modèles, mais aussi fabriquer plus de voitures électriques.

 

« D’ici mi-2026, l’EPA prévoit que les normes finales pourront être respectées avec environ 17 % de véhicules électriques vendus et une adoption plus large des technologies avancées de moteurs à essence disponibles aujourd’hui », précise ainsi l’agence dans un communiqué.

Les voitures électriques représentent aujourd’hui entre 2 % et 4 % des ventes automobiles totales aux États-Unis, selon les sources.

Joe Biden avait déjà signé un décret prévoyant qu’en 2030, la moitié des voitures vendues aux États-Unis seraient sans émissions — électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.

Soutien gouvernemental

 

Cette nouvelle réglementation nécessite « une augmentation substantielle des ventes de véhicules électriques », a souligné dans un communiqué John Bozzella, p.-d.g. de l’Alliance pour l’innovation automobile, qui regroupe des constructeurs américains et étrangers représentant près de la totalité des voitures vendues aux États-Unis.

Selon lui, atteindre les objectifs prévus « nécessitera sans aucun doute l’adoption de politiques gouvernementales de soutien », a-t-il ajouté. Il évoque ainsi « des incitations pour les consommateurs, une croissance substantielle des infrastructures, des exigences en matière de flotte et un soutien à la fabrication et au développement de la chaîne d’approvisionnement aux États-Unis ».

L’EPA estime en outre qu’avec ces nouvelles normes de consommation, « les conducteurs américains économiseront entre 210 et 420 milliards de dollars d’ici 2050 sur les coûts de carburant ».

Parmi les objectifs avancés figurent « la réduction de la pollution climatique, l’amélioration de la santé publique et des économies d’argent à la pompe pour les conducteurs », est-il précisé.

Mais pour l’association de scientifiques Union of Concerned Scientists, il est indispensable d’être plus ambitieux : « les nouvelles normes contribuent grandement à réparer les dommages causés par le gouvernement précédent, mais pour endiguer la catastrophe climatique, nous devons redoubler d’ambition et exiger encore plus ».

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