Le droit des Américaines à avorter réaffirmé par un vote symbolique au Congrès

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

La Chambre des représentants des États-Unis a adopté vendredi une proposition de loi garantissant le droit des Américaines à avorter — un vote à la fois historique et essentiellement symbolique, le texte n’ayant aucune chance d’aboutir au Sénat.

La Loi sur la protection de la santé des femmes a reçu le soutien de 218 élus, tous démocrates, tandis que 210 républicains et un seul démocrate votaient contre. C’est la première fois depuis que le droit à l’avortement a été reconnu en 1973 par la Cour suprême des États-Unis qu’une des deux chambres du Congrès tente de l’inscrire dans la loi fédérale.

Jusqu’ici, même dans les rangs démocrates, il existait de fortes réticences à s’engager en faveur de ce droit qui divise profondément les Américains, mais la situation a évolué à gauche.

« Enfin, nous avons un groupe de démocrates pro-choix majoritaire à la Chambre », s’est réjouie la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, dans une conférence de presse juste avant le débat. « Et un président prêt à signer », a-t-elle ajouté, en référence au soutien apporté par Joe Biden à la proposition de loi.

Faisant part de ses « sentiments partagés », elle s’est dite « heureuse » de cette nouvelle donne et « triste d’en arriver là à cause d’une décision honteuse de la Cour suprême ». Le plus haut tribunal du pays, profondément remanié par l’ex-président Donald Trump, a refusé d’empêcher l’entrée en vigueur, le 1er septembre, d’une loi du Texas qui interdit presque tous les avortements dans ce vaste État.

Cette décision, motivée par des questions de procédure, a été perçue comme le signe précurseur d’une évolution de la Cour suprême qui pourrait prochainement revenir en arrière sur l’arrêt Roe c. Wade prononcé en 1973. Si cela se produisait, chaque État aurait le droit d’autoriser ou non les avortements.

La loi adoptée vendredi à la Chambre vise à éviter ce scénario. « Les professionnels de santé ont un droit garanti par cette loi à fournir des services d’avortement, et leurs patientes un droit équivalent à les recevoir, sans limites ou contraintes », précise le texte qui est censé s’imposer aux États. Il risque toutefois d’achopper sur l’opposition toujours très nette à l’avortement des républicains, qui disposent d’une minorité de blocage au Sénat.

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