Washington se pose en meneur de la lutte contre la pandémie

Le président américain, Joe Biden, s’est  entretenu  virtuellement avec plusieurs de ses homologues à l’international ainsi qu’avec des  directeurs  d’organismes  sanitaires,  mercredi.
Evan Vucci Associated Press Le président américain, Joe Biden, s’est entretenu virtuellement avec plusieurs de ses homologues à l’international ainsi qu’avec des directeurs d’organismes sanitaires, mercredi.

Les États-Unis vont doubler leurs dons de vaccins contre la COVID-19, portant le total de doses promises à des pays pauvres à plus de 1,1 milliard, a annoncé Joe Biden mercredi, affichant clairement son intention de mener la riposte mondiale contre la pandémie.

Le président américain aurait pu faire l’annonce mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies, mais il l’a réservée à une réunion virtuelle organisée à son initiative le lendemain. « J’ai fait la promesse, et je la tiens, que l’Amérique sera l’arsenal de vaccins du monde, tout comme elle a été l’arsenal de la démocratie pendant la Seconde Guerre mondiale », a-t-il dit depuis la Maison-Blanche, entouré d’écrans. Cette annonce survient alors que Pékin veut aussi se positionner comme un recours pour les pays en quête de vaccins.

Pour chaque dose administrée aux États-Unis, Washington en donne trois à d’autres pays, a précisé le président lors de la réunion, à laquelle participaient notamment le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président indonésien, Joko Widodo, ou encore les responsables des Nations unies et de l’Organisation mondiale de la Santé.

« Nous avons besoin que d’autres pays à hauts revenus mettent en pratique leurs promesses ambitieuses de dons », a réclamé Joe Biden.

L’Espagne a annoncé mercredi un don de 30 millions de doses au total à des pays en développement, tandis que le Japon a porté à 60 millions le nombre de doses qu’il va fournir au monde. L’Union européenne (UE), avec laquelle les États-Unis entendent coopérer étroitement, va quant à elle distribuer plus de 500 millions de doses.

Nous avons besoin que d’autres pays à hauts revenus mettent en pratique leurs promesses ambitieuses de dons

 

L’UE et Washington veulent aussi voir naître un fonds international consacré aux questions sanitaires internationales, ainsi que la mise en place d’un « radar des pandémies » international pour détecter de futurs foyers de contagion.

Inégalités persistantes

Les États-Unis vont acheter et distribuer aux pays en développement 500 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech, ce qui porte leurs promesses de dons à 1,1 milliard de doses, en tenant compte de précédentes annonces. Pfizer et BioNTech précisent dans un communiqué que le milliard de doses qu’ils fourniront aux États-Unis à des fins de don, à prix coûtant, doit être intégralement distribué d’ici août 2022.

Les États-Unis répètent à l’envi que leurs dons ne sont accompagnés d’aucune condition politique, une manière plus ou moins voilée de pointer la Chine, qui selon eux pratiquerait une « diplomatie du vaccin » en calibrant très précisément ses dons.

Le président chinois, Xi Jinping, dans un message vidéo à l’ONU diffusé mardi, a déclaré qu’« assurer une distribution juste et équitable des vaccins dans le monde était une priorité pressante ». La Chine entend « fournir au total 2 milliards de doses de vaccin au monde d’ici la fin de l’année », a-t-il dit, répétant un chiffre déjà donné par les autorités chinoises, qui ne précisent pas toutefois dans quelle proportion il s’agit là de ventes ou de dons.

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