Les frontières américaines ouvertes aux voyageurs vaccinés dès novembre

Des voyageurs à l’aéroport de Denver, en août dernier. En plus de devoir présenter une preuve de vaccination contre la COVID-19, les voyageurs internationaux devront porter un masque et se faire tester dans les trois jours précédant leur voyage vers les États-Unis.
Photo: David Zalubowski Associated Press Des voyageurs à l’aéroport de Denver, en août dernier. En plus de devoir présenter une preuve de vaccination contre la COVID-19, les voyageurs internationaux devront porter un masque et se faire tester dans les trois jours précédant leur voyage vers les États-Unis.

Les États-Unis lèveront le 1er novembre, pour les personnes vaccinées, les restrictions en place depuis mars 2020 sur les voyages aériens internationaux.

Par contre, les restrictions à la frontière canado-américaine, renouvelées tous les mois depuis 18 mois, ont été prolongées jusqu’au 21 octobre. Elle reste donc toujours fermée aux Canadiens effectuant un voyage « non essentiel », bien que le Canada permette depuis le 9 août l’entrée de touristes américains vaccinés.

En plus de devoir présenter une preuve de vaccination contre la COVID-19, les voyageurs internationaux devront porter un masque et se faire tester dans les trois jours précédant leur voyage vers les États-Unis, a indiqué le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche, Jeff Zients.

Les détails de ces assouplissements demeurent toutefois ténus : on ne sait pas, par exemple, comment cette nouvelle directive affectera les voyages terrestres lors de leur reprise.

On n’a pas non plus précisé dans l’immédiat quels vaccins permettraient de rentrer sur le sol américain.

Seuls les vaccins anti-COVID-19 de Pfizer-BioNTech, Moderna et Johnson Johnson sont approuvés par l’agence américaine du médicament, la FDA. On ignore donc si les voyageurs ayant reçu la formule d’AstraZeneca, les vaccins chinois ou le sérum russe seront considérés comme adéquatement vaccinés. M. Zients aurait toutefois affirmé à des officiels de l’Union européenne, où le vaccin d’AstraZeneca est très largement administré, que cette différence d’homologation ne devrait pas poser problème.

Joie en Europe

La Commission européenne a aussitôt salué l’annonce américaine, « une mesure attendue depuis longtemps par les familles et les amis séparés » et « une bonne nouvelle pour les entreprises ».

Pour la Chambre de commerce américaine, cette mesure « contribuera à favoriser une reprise robuste et durable de l’économie américaine ».

L’annonce arrive en tout cas à point nommé dans un contexte de grande tension diplomatique entre la France et les États-Unis, mais Jeff Zients, sans se prononcer sur une éventuelle visée diplomatique, a insisté sur le fait que la décision elle-même était « dictée par la science ».

Le commissaire européen Thierry Breton a souligné de son côté que les Américains avaient été sensibles au fait que cette interdiction de voyage n’avait plus « aucun sens ». L’Europe est « le premier continent du monde non seulement en matière de production de vaccins et en matière d’exportation […], mais aussi en ce qui concerne le nombre de personnes [entièrement] vaccinées », a-t-il argué.

La Maison-Blanche a voulu mettre en place un système global cohérent basé sur « les individus » et non sur des différences de traitement selon les pays de provenance, a expliqué M. Zients.

Le président Donald Trump avait au départ fermé les frontières pour 30 jours, mais finalement, les restrictions auront duré au total quelque 20 mois, au grand dam des pays européens qui ont déjà rouvert leurs frontières depuis plusieurs mois aux Américains vaccinés.

Grogne à la frontière canadienne

Le maintien des restrictions de voyage terrestre avec le Canada pour au moins un autre mois a toutefois suscité la grogne.

Brian Higgins, représentant démocrate de l’État de New York au Congrès américain, critique depuis la situation. Il a estimé lundi qu’il était grand temps que les États-Unis commencent à autoriser les voyages « non essentiels » entre son pays et le Canada.

« C’est une bonne nouvelle que la Maison-Blanche progresse dans la réciprocité des mesures internationales de santé publique pour protéger les voyageurs aériens », a déclaré M. Higgins dans un communiqué. « Pourtant, il est inexplicable qu’aucune annonce sur l’assouplissement des restrictions de voyage aux points d’entrée terrestres ne soit faite aujourd’hui, car les moyens de subsistance des communautés près de la frontière nord dépendent du commerce transfrontalier. »

La Maison-Blanche a durci le ton ces dernières semaines face aux opposants à la vaccination et a multiplié les annonces pour l’imposer là où les autorités fédérales en ont le moyen. Elle n’a toutefois pas pour l’instant pris l’une des décisions les plus radicales en son pouvoir : imposer la vaccination sur les vols intérieurs aux États-Unis.

Des obligations de tests plus strictes pour les Américains non vaccinés qui reviennent au pays après un séjour à l’étranger seront aussi mises en place.

Avec La Presse canadienne



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