QAnon Shaman, un émeutier emblématique du 6 janvier, plaide coupable

Jacob Anthony Chansley, figure forte de l’insurrection du Capitole du 6 janvier dernier, est connu sous le nom de QAnon Shaman.
Photo: Brent Stirton Getty images / Archives Agence France-Presse Jacob Anthony Chansley, figure forte de l’insurrection du Capitole du 6 janvier dernier, est connu sous le nom de QAnon Shaman.

Il a plaidé coupable. Jacob Anthony Chansley, figure forte de l’insurrection du Capitole du 6 janvier dernier, connu sous le nom de QAnon Shaman, a reconnu vendredi, devant un tribunal du District de Columbia, sa culpabilité dans cette attaque sans précédent contre la démocratie américaine à l’appel de Donald Trump.

L’Américain de 33 ans réclame par ailleurs, par la voix de son avocat, de ne plus être associé au mouvement conspirationniste QAnon et appelle même au rejet du surnom qui lui a été donné durant la campagne électorale de l’ex-président américain, dont il a été l’un des grands partisans dans son État d’origine, l’Arizona.

Depuis son arrestation, Chansley fait face à des accusations criminelles pour tentative d’interruption de fonctions officielles, entrée par effraction dans un bâtiment fédéral et trouble à l’ordre public. Il a uniquement reconnu sa culpabilité au premier chef d’accusation.

Photographié torse nu, portant une coiffe à cornes doublée de fourrure, le visage peint aux couleurs du drapeau américain, il est devenu l’image iconique de l’insurrection. « Il est au 6 janvier ce que le swoosh [la virgule noire] est à la marque Nike, qu’il le veuille ou non, et c’est un emblème qu’il va être difficile de surmonter [pour lui] », a dit son avocat, Albert Watkins, cité par le Washington Post.

Par voie de communiqué, Me Watkins a indiqué que son client, toujours emprisonné dans l’attente de son procès, avait suivi depuis le 6 janvier un chemin balisé par « la douleur, la dépression, l’isolement, la reconnaissance de ses vulnérabilités mentales et la prise de conscience du travail personnel à accomplir pour y faire face ».

« Il est impératif que la patience et la compassion soient accordées à ceux qui, comme M. Chansley, étaient non violents, pacifiques, et possédaient de véritables problèmes de santé mentale qui les ont rendus plus vulnérables à la propagande de l’époque, mais qui, en fin de compte, cherchent maintenant à être tenus pour responsables de leurs actes », a ajouté le bouillant avocat qui, en mai dernier, avait décrit les émeutiers du 6 janvier comme des « simples d’esprit » victimes de la manipulation politique de Donald Trump.

Chansley s’expose à une peine de 20 ans de prison pour les crimes dont il doit désormais répondre. Mais, selon des experts cités par CNBC vendredi, l’homme risque plutôt de recevoir une sentence allant de 41 à 51 mois de prison.

Près de 600 arrestations

Environ 600 Américains ont été arrêtés et traînés devant les tribunaux du pays dans la foulée de cette attaque sans précédent du siège du pouvoir législatif américain. Le 6 janvier dernier, les députés y étaient réunis pour confirmer l’élection de l’actuel président, Joe Biden, une victoire qualifiée sans preuve de frauduleuse par Donald Trump, qui a alors lancé ses fidèles sur le Capitole pour tenter de faire capoter la procédure législative.

Après avoir plaidé coupable, un autre émeutier, Karl Dresh, du Michigan, a été condamné le mois dernier à six mois de prison pour sa participation à l’attaque du Capitole. L’homme a passé 25 minutes à l’intérieur du bâtiment le 6 janvier, d’où il a appelé à « la guerre générale » si le pays acceptait « ses élections volées ». Dresh est le fils d’un ex-député de l’État du Michigan.

Aucune poursuite, aucune enquête, aucun dépouillement judiciaire des votes à travers le pays n’a réussi à faire la démonstration d’une fraude massive lors de l’élection de novembre dernier, contrairement à ce qu’affirment encore aujourd’hui l’ex-président Trump comme ses fidèles au sein du Parti républicain.

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