Vaste campagne de doses de rappel aux États-Unis

Une clinique de vaccination en Géorgie. Les Américains ayant reçu deux doses des vaccins Pfizer et de Moderna pourront en demander une troisième huit mois après la deuxième, à partir de la semaine du 20 septembre.
Photo: Shakh Aivazov Associated press Une clinique de vaccination en Géorgie. Les Américains ayant reçu deux doses des vaccins Pfizer et de Moderna pourront en demander une troisième huit mois après la deuxième, à partir de la semaine du 20 septembre.

Une campagne pour offrir à tous les Américains une troisième dose de vaccins anti-COVID de Pfizer et de Moderna sera lancée à partir de la fin septembre, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires des États-Unis. Elles s’inquiètent de la baisse de la protection immunitaire offerte par les vaccins avec le temps et de la situation volatile avec la présence du variant Delta.

Les Américains ayant reçu l’un de ces vaccins pourront demander une troisième injection huit mois après la deuxième, à partir de la semaine du 20 septembre, ont-elles détaillé.

Cette campagne de doses de rappel reste toutefois suspendue à l’autorisation d’une dose supplémentaire de ces deux vaccins par l’Agence américaine des médicaments (FDA).

« Les données disponibles montrent clairement que la protection contre l’infection au SRAS-CoV-2 commence à baisser avec le temps après les premières doses de vaccin », ont justifié dans un communiqué de hauts responsables, dont la directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Rochelle Walensky, la cheffe par intérim de l’Agence américaine des médicaments (FDA), Janet Woodcock, et le conseiller de la Maison-Blanche sur la pandémie, Anthony Fauci.

« Nous sommes inquiets que cette tendance constatée au déclin continue dans les mois à venir, ce qui pourrait conduire à une diminution de la protection contre les cas graves de la maladie, les hospitalisations et les décès », a expliqué le médecin-chef des États-Unis, Vivek Murthy.

Cette inquiétude s’appuie sur des données venues de l’étranger, notamment d’Israël, où est constatée « une aggravation des infections, avec le temps, chez les personnes vaccinées ».

L’efficacité des vaccins reste pour le moment « relativement haute » contre les hospitalisations et les décès aux États-Unis, a toutefois rassuré Mme Walensky, en présentant les données de plusieurs études.

Certains experts se sont toutefois montrés critiques de la décision mercredi : « Je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement met en place des doses supplémentaires pour la population générale », a écrit sur Twitter Céline Gounder, spécialiste en maladies infectieuses au Bellevue Hospital Center à New York. « La protection contre les hospitalisations est toujours excellente. »

Inégalités vaccinales

 

Mercredi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé la ruée des pays riches vers la troisième dose de vaccin et fait valoir que les données n’ont pas démontré la nécessité d’une dose de rappel dans l’immédiat. « Nous pensons que les données actuelles n’indiquent pas que les rappels sont nécessaires », a déclaré la scientifique en chef de l’OMS, Soumya Swaminathan, en conférence de presse.

D’un point de vue « moral et éthique », il n’est également pas bon à ses yeux que les pays riches injectent une troisième dose « quand le reste du monde attend sa première injection ».

Injecter une 3e dose maintenant revient à « distribuer des gilets de sauvetage supplémentaires à des personnes qui en ont déjà un, pendant que nous laissons d’autres personnes se noyer sans le moindre gilet de sauvetage », a soutenu mercredi le directeur des urgences de l’OMS, Mike Ryan, pendant la conférence de presse.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé les dirigeants à regarder au-delà d’« objectifs nationalistes étroits ».

« Nous allons faire les deux: protéger le peuple américain et faire plus pour aider à vacciner le monde », a promis mercredi le coordonnateur de la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche, Jeff Zients. Il a précisé que les premières des 500 millions de doses de vaccin Pfizer promises par les États-Unis aux pays pauvres avaient commencé à être envoyées « cette semaine ».

Les États-Unis devraient atteindre mercredi les 200 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin, selon M. Zients. Cela représente environ 60 % de la population américaine.

Washington avait initialement commandé 300 millions de doses des vaccins de Pfizer et Moderna, mais 200 millions de doses supplémentaires ont été achetées récemment auprès des deux entreprises — assez pour mener cette campagne de rappel.

Personnes âgées d’abord

Les premières personnes à pouvoir bénéficier de cette dose additionnelle seront les « pensionnaires de maisons de retraite », « d’autres personnes âgées » et de « nombreux professionnels de la santé », qui ont été les premières catégories de population à se faire vacciner aux États-Unis. Les premières injections de vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) avaient eu lieu en décembre 2020 dans ce pays.

Une dose de rappel sera également « probablement nécessaire » pour les personnes ayant reçu une injection unique du vaccin de Johnson Johnson, minoritaires aux États-Unis (près de 14 millions), estiment les autorités sanitaires. Mais les vaccinations avec ce vaccin n’ont commencé « qu’en mars 2021 », et des données les concernant sont attendues « dans les prochaines semaines ».

Depuis la semaine dernière, certaines personnes immunodéprimées peuvent déjà obtenir une troisième dose aux États-Unis.

Nouvelles restrictions en Israël

De nouvelles restrictions sanitaires sont entrées en vigueur mercredi en Israël, pays qui a enregistré son nombre de contaminations le plus élevé depuis janvier malgré une large campagne de vaccination contre la COVID-19. L’obligation de montrer un certificat de vaccination ou un test PCR négatif pour se rendre dans des restaurants, des hôtels, des musées et des bibliothèques et pour assister à des événements culturels et sportifs a, entre autres, été réinstaurée. Cette mesure s’applique également aux lieux de culte accueillant plus de 50 fidèles. Mardi, plus de 8700 nouveaux cas ont été recensés en Israël, le nombre le plus élevé depuis le mois de janvier. L’État hébreu a commencé la semaine dernière à administrer une troisième dose de vaccin aux personnes âgées de 50 ans et plus, malgré l’avis défavorable de l’Organisation mondiale de la santé.

Agence France-Presse à Jérusalem



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