L’accusatrice du prince Andrew a déposé une plainte

Le prince Andrew, qui avait déjà rejeté ces allégations, est accusé dans la plainte d’avoir «agressé sexuellement» Virginia Giuffre, alors mineure, à trois reprises.
Photo: Steve Parsons Pool via Associated Press Le prince Andrew, qui avait déjà rejeté ces allégations, est accusé dans la plainte d’avoir «agressé sexuellement» Virginia Giuffre, alors mineure, à trois reprises.

L’Américaine qui accuse le prince Andrew d’abus sexuels sous l’emprise du financier Jeffrey Epstein quand elle était mineure a déposé une plainte lundi à New York contre ce membre de la famille royale britannique.

Cette plainte relance l’affaire, particulièrement embarrassante pour la monarchie britannique, suscitée par les liens du deuxième fils d’Élisabeth II avec le défunt homme d’affaires accusé de trafic de mineures, qui l’ont déjà amené à se retirer de la vie publique.

Jointe par l’AFP, Virginia Giuffre affirme que le duc de York est « l’un des hommes puissants » à qui elle a été « remise dans un but sexuel » quand elle a été la victime — entre 2000 et 2002, à partir de l’âge de 16 ans — du vaste trafic sexuel pour lequel le financier Jeffrey Epstein a été inculpé et incarcéré, avant de se donner la mort dans une prison de Manhattan, à l’été 2019. Le prince Andrew, qui avait déjà rejeté ces allégations, est accusé dans la plainte d’avoir « agressé sexuellement » Virginia Giuffre, alors mineure, à trois reprises : à Londres chez une très proche d’Epstein, Ghislaine Maxwell, et dans les propriétés de l’homme d’affaires à New York et dans les îles Vierges.

« Je tiens le prince Andrew pour responsable de ce qu’il m’a fait. Les puissants et les riches ne sont pas exempts de rendre des comptes », a indiqué Virginia Giuffre dans une déclaration transmise aux médias. « J’espère que d’autres victimes verront qu’il est possible de ne pas vivre dans le silence et la peur. »

Crises pour la monarchie

Contactés par l’AFP, ni les services du prince Andrew, réputé être le « fils préféré » d’Élisabeth II, ni la famille royale n’ont souhaité faire de commentaires.

Âgé de 61 ans, le prince Andrew avait déjà « catégoriquement » démenti de telles accusations dans une entrevue jugée calamiteuse à la BBC en novembre 2019, où il n’exprimait pas un seul regret pour son amitié avec Epstein ni la moindre empathie pour ses victimes. Il avait notamment exprimé des doutes sur l’authenticité d’une photo très médiatisée le montrant avec Virginia Giuffre et, à l’arrière-plan, Ghislaine Maxwell, qui reste incarcérée dans l’affaire Epstein.

Malgré ses dénégations, sa fréquentation de l’homme d’affaires américain l’avait plongé dans la tourmente et contraint à se retirer de la vie publique.

En juin 2020, le procureur fédéral de Manhattan, Geoffrey Berman, alors chargé de l’enquête, avait accusé le prince Andrew de faire semblant de coopérer. Les avocats du duc de York avaient, eux, assuré que leur client avait proposé trois fois de témoigner.

La plainte a été déposée lundi au tribunal fédéral de Manhattan, en vertu d’une loi de l’État de New York sur les victimes mineures, qui donne un délai d’un an pour intenter une action pour abus sexuels, sans règle de prescription. Cette loi, entrée en vigueur en août 2019, laisse encore quelques jours aux victimes potentielles pour agir.

L’affaire constitue une crise de plus pour la famille royale britannique, ébranlée par ailleurs par le retentissant départ du prince Harry et de son épouse Meghan en Californie et par les accusations de racisme de ces derniers.

Malgré ces difficultés et la mort récente de son époux Philip à 99 ans, la reine Élisabeth II continue, à 95 ans, de participer à de nombreux engagements, étant apparue tout sourire lundi pour la cérémonie l’accueillant dans sa résidence écossaise de Balmoral où elle passe traditionnellement la fin de l’été.

 

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