Les États-Unis projettent de rouvrir leurs frontières aux voyageurs vaccinés

Washington élabore une «approche progressive qui signifierait, avec des exceptions limitées, que tous les ressortissants étrangers venant aux États-Unis―depuis tous les pays―devraient être pleinement vaccinés».
Photo: Patrick T. Fallon Agence France-Presse Washington élabore une «approche progressive qui signifierait, avec des exceptions limitées, que tous les ressortissants étrangers venant aux États-Unis―depuis tous les pays―devraient être pleinement vaccinés».

Les États-Unis, dont les frontières restent fermées à de très nombreux voyageurs étrangers, projettent de les rouvrir à terme aux personnes pleinement vaccinées, a fait savoir mercredi un responsable de la Maison-Blanche, en plein débat sur un moratoire mondial sur les doses de rappel.

Washington élabore une « approche progressive qui signifierait, avec des exceptions limitées, que tous les ressortissants étrangers venant aux États-Unis — depuis tous les pays — doivent être pleinement vaccinés », a dit cette source, sans donner de calendrier.

Les groupes de travail consacrés à cette question « sont en train de développer une politique afin d’être prêts, quand le moment sera venu, à évoluer vers ce nouveau système », a dit le responsable.

Le ton est très prudent, mais il s’agit d’une évolution pour les États-Unis, qui, le 26 juillet encore, ne voulaient entendre parler ni de tests ni de vaccins pour rouvrir leurs frontières.

À l’heure actuelle, les voyageurs venus d’Europe, d’Inde, du Brésil ou encore de Chine ne peuvent entrer aux États-Unis, sauf motifs impérieux précis.

Appels à la réciprocité

Washington était resté sourd jusqu’ici aux appels à la réciprocité des Européens, notamment.

Tandis que les pays de l’Union européenne ont décidé de rouvrir leurs propres frontières aux Américains, à condition qu’ils soient vaccinés contre la COVID-19 ou qu’ils présentent un test négatif, les voyageurs en provenance de l’espace Schengen, du Royaume-Uni et d’Irlande ne peuvent, eux, plus entrer aux États-Unis depuis mars 2020.

À rebours du mouvement de réouverture envisagé par Washington, Pékin a annoncé un durcissement des restrictions pour les déplacements à l’étranger de ses ressortissants, au moment où la Chine fait face à une reprise de l’épidémie sur son sol.

La Maison-Blanche a par ailleurs rejeté mercredi l’appel de l’OMS à un moratoire sur les rappels des vaccins contre la COVID-19, estimant que les États-Unis n’avaient « pas besoin » de choisir entre en administrer à leurs citoyens ou en faire don à des pays pauvres.

« C’est une fausse alternative », a dit Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche, à propos de la demande de l’Organisation mondiale de la santé.

« Nous pensons que nous pouvons faire les deux » et « nous n’avons pas besoin de choisir » entre administrer des rappels aux Américains, ce qui n’est d’ailleurs pas encore officiellement prévu, ou aider les pays pauvres.

Elle a rappelé que les États-Unis avaient déjà distribué plus de 100 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 à des pays moins favorisés, soit plus, selon Washington, que les dons de tous les autres pays du monde réunis.

Inégalités béantes

L’OMS a appelé mercredi à renoncer à des opérations de rappel au moins jusqu’à fin septembre pour tenter de remédier aux inégalités béantes entre pays riches et pays pauvres.

« Nous avons un besoin urgent de renverser les choses : d’une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres », a déclaré le chef de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que le moratoire devrait durer « au moins jusqu’à la fin septembre ».

Le patron de l’agence onusienne dénonce depuis des mois l’inégalité vaccinale. Sur les 4 milliards de ces doses injectées dans le monde, 80 % sont allées à des pays à revenu élevé ou moyen supérieur, alors qu’ils représentent moins de 50 % de la population mondiale.

La Commission européenne a annoncé avoir conclu un contrat avec la société pharmaceutique américaine Novavax pour l’achat anticipé de 200 millions de doses de son vaccin une fois qu’il aura été approuvé par l’Agence européenne des médicaments.

Dans le cadre du contrat avec Novavax, les États membres pourront acheter jusqu’à 100 millions de doses du vaccin Novavax, avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires au cours des années 2021, 2022 et 2023, une fois qu’il aura été examiné et approuvé par l’EMA comme étant sûr et efficace.

Les États membres pourront également faire don de vaccins à des pays à revenu faible ou intermédiaire ou les rediriger vers d’autres pays européens.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé mercredi la suppression à partir de dimanche de la quarantaine imposée aux voyageurs vaccinés arrivant en Angleterre en provenance de France métropolitaine, une mesure que Paris dénonçait comme « discriminatoire ».

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