Visite d’une émissaire américaine en Chine sur fond de tensions diplomatiques

La vice-secrétaire d’État Wendy Sherman, déjà en pleine tournée asiatique, ira dimanche et lundi dans la ville de Tianjin, dans le nord de la Chine.
Photo: Kazuhiro Nogi Archives Agence France-Presse La vice-secrétaire d’État Wendy Sherman, déjà en pleine tournée asiatique, ira dimanche et lundi dans la ville de Tianjin, dans le nord de la Chine.

La numéro deux du département d’État américain va se rendre en Chine lors de la visite de plus haut rang de la diplomatie américaine depuis l’élection du président Joe Biden. Le voyage survient au moment où les deux puissances rivales sont engagées dans une confrontation tous azimuts.

La vice-secrétaire d’État, Wendy Sherman, déjà en pleine tournée asiatique, ira dimanche et lundi dans la ville de Tianjin, dans le nord de la Chine, où elle s’entretiendra notamment avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a annoncé mercredi le département d’État dans un communiqué.

Cette visite aura lieu « dans le cadre des efforts en cours de la part des États-Unis pour avoir des échanges francs » afin de « promouvoir les intérêts et valeurs américains tout en gérant de manière responsable la relation » avec la puissance rivale, a-t-il ajouté.

Jusqu’ici, depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche en janvier, seul son émissaire pour le climat John Kerry s’était rendu en Chine — mais pour des discussions limitées à la lutte contre le réchauffement planétaire, l’un des rares sujets où les deux pays tentent de trouver un terrain d’entente.

John Kerry, qui avait été en avril à Shanghai, a encore appelé mardi les autorités chinoises à faire preuve de « leadership » face à la crise climatique et à réduire rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre.

La réponse n’a pas tardé, résumant les tensions croissantes : « La coopération entre la Chine et les États-Unis dans des domaines précis est étroitement liée à la bonne santé globale des relations sino-américaines », a dit mercredi un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

De fait, les deux superpuissances sont engagées dans une confrontation acharnée, que le président des États-Unis présente comme une compétition mondiale entre les autocraties et les démocraties, dont il a fait l’axe central de sa politique étrangère, mais aussi une des motivations premières de ses réformes économiques.

Graves inquiétudes

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, s’est entretenu en mars avec ses homologues chinois en Alaska lors d’une rencontre tendue qui a donné lieu au grand déballage de toutes les divergences irréductibles entre Washington et Pékin. Il a été question des droits de la personne, du sort de Hong Kong ou de Taïwan, ou encore des accusations d’espionnage industriel lancées par les États-Unis.

Le gouvernement Biden a depuis augmenté la pression avec des sanctions ou des mises en garde concernant notamment la répression des musulmans ouïghours en Chine, qu’il qualifie de « génocide », les libertés à Hong Kong, mais aussi les accusations de cyberattaques contre les États-Unis. Il tente d’enrôler ses alliés européens et asiatiques pour présenter un front uni des démocraties dans ce bras de fer.

La Chine dénonce des « ingérences américaines », une « mentalité de guerre froide » et, surtout, une forme d’arrogance de Washington consistant à vouloir « imposer sa propre démocratie dans le reste du monde ». Wendy Sherman se rendra à Tianjin après des étapes au Japon et en Corée du Sud, alliés des États-Unis, ainsi qu’en Mongolie, dont les relations avec Washington se sont récemment améliorées. Elle « évoquera les sujets sur lesquels nous avons de graves inquiétudes au sujet du comportement de la Chine, mais aussi les sujets sur lesquels nos intérêts convergent », a dit le département d’État.

Le gouvernement Biden dit aussi vouloir continuer à coopérer avec Pékin sur les grands défis mondiaux comme la gestion de la crise sanitaire ou le désarmement et la lutte contre la prolifération nucléaire.

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