Un policier tué par une voiture-bélier près du Capitole de Washington

Le suspect a percuté une barrière après avoir frappé les deux agents de police avec sa voiture, selon la cheffe de la police du Capitole, Yogananda Pittman.
Photo: J. Scott Applewhite Associated Press Le suspect a percuté une barrière après avoir frappé les deux agents de police avec sa voiture, selon la cheffe de la police du Capitole, Yogananda Pittman.

Trois mois après l’assaut meurtrier du Capitole américain, un policier est mort et un autre a été blessé vendredi lors d’une attaque à la voiture-bélier devant le siège du Congrès à Washington.

« Le suspect a percuté deux de nos agents avec sa voiture » avant de heurter une barrière, a expliqué la cheffe de la police du Capitole, Yogananda Pittman, lors d’une conférence de presse. L’un d’eux a succombé à ses blessures, a-t-elle ajouté, la voix brisée par l’émotion. Il s’agit de William Evans, au service du corps policier depuis 18 ans.

Après avoir percuté la barrière, le suspect — dont l’identité n’a pas été dévoilée — serait sorti du véhicule « avec un couteau à la main ». Il se serait alors avancé vers les agents de la police du Capitole qui ont fait feu en sa direction. Le suspect est « décédé », a confirmé Mme Pittman.

L’attaque ne semble pas liée au terrorisme, selon la police, qui a néanmoins souligné que « l’enquête se poursuit ». Dans l’après-midi, les forces de l’ordre ont levé l’alerte tout en maintenant un cordon de sécurité autour de « la scène du crime ».

Le président « dévasté »

Le président américain, Joe Biden, s’est dit « accablé » après le drame ayant coûté la vie à un policier. « Nous savons à quel point les temps sont durs pour le Capitole, pour tous ceux qui y travaillent et ceux qui le protègent », a-t-il déclaré par voie de communiqué, ordonnant la mise en berne des drapeaux des bâtiments publics fédéraux.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a quant à elle déploré la « mort tragique et héroïque » de William Evans, qu’elle a qualifié de « martyr pour notre démocratie ». « Aujourd’hui, encore une fois, ces héros ont risqué leurs vies pour protéger le Capitole et notre pays, avec le même dévouement et la volonté de servir que ceux que nous avions vus le 6 janvier », a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

« J’ai le cœur brisé pour l’agent tué aujourd’hui pendant qu’il défendait notre Capitole, et pour sa famille », a déclaré de son côté le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Dur rappel du 6 janvier

L’attaque s’est produite près d’un point de contrôle du côté du Sénat, là où entrent les parlementaires lorsque la Chambre haute est en séance. « Je passe à travers ce point de passage en voiture et salue les agents qui le gardent presque tous les jours lorsque je suis à Washington », a écrit sur Twitter Angie Craig, une représentante démocrate. « Amérique, nous valons mieux que cela. »

Fait à noter : les élus du Congrès sont en vacances parlementaires cette semaine, mais certains membres de leurs équipes, des employés du Congrès et des journalistes étaient présents lors de l’événement, survenu en début d’après-midi.

Dans la foulée de l’attaque, des militaires de la Garde nationale, déployée au Capitole depuis l’attaque du 6 janvier, se sont aussitôt précipités depuis les immeubles à proximité vers le Capitole, boucliers en main. D’autres se sont placés près de barrages de police qui bloquaient la route.

Des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une voiture bleue écrasée contre une barrière de police dans la rue. Un hélicoptère s’est aussi posé sur l’esplanade au pied du Capitole, avant de prendre des civières à son bord.

L’enceinte du Capitole avait été placée sous très haute protection après l’attaque du 6 janvier, menée par des partisans pro-Trump. Certaines des barrières de protection avaient été retirées récemment, et le périmètre de sécurité resserré autour du siège du Parlement américain.

Plusieurs milliers de partisans de Donald Trump s’étaient jetés à l’assaut du siège du Congrès le 6 janvier, au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival démocrate, Joe Biden, à la présidentielle. Cinq personnes sont mortes au cours de cette attaque, dont le caractère spontané est de plus en plus remis en cause, et plus de 300 personnes ont été arrêtées jusqu’ici en raison de leur participation à l’attaque.

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