Après la tuerie de Boulder, Biden veut interdire les fusils d’assaut

Le président américain Joe Biden a réclamé mardi l’interdiction des fusils d’assaut au lendemain d’une fusillade qui a tué dix personnes, dont un policier en fonction, au Colorado.

« Je n’ai pas besoin d’attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures qui sauveront des vies à l’avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre [des représentants] et au Sénat à agir, a lancé le locataire de la Maison-Blanche, appelant à bannir les fusils d’assaut. Il a également ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tous les bâtiments publics.

La porte-parole de M. Biden, Jen Psaki, a un peu plus tard évoqué différents « leviers » pour renforcer le contrôle des armes à feu et plus généralement répondre à « la violence dans la population ». Cela pourrait notamment passer par « des actions de l’exécutif » et pas seulement une procédure législative, selon elle.

 

La tuerie de lundi s’est déroulée à l’intérieur et à l’extérieur d’un supermarché de Boulder, une ville du Colorado de quelque 110 000 habitants. L’auteur présumé, Ahmad Alissa, a été blessé à la jambe avant d’être transporté à l’hôpital, où il repose actuellement dans un « état stable ». Il fait face à 10 chefs d’accusation pour meurtre.

Les motivations de l’homme de 21 ans — que des proches ont décrit comme « asocial » et « paranoïaque » — ne sont pas encore connues. Les autorités ont toutefois découvert qu’il avait fait l’acquisition d’une arme semi-automatique Ruger AR-556 moins d’une semaine avant la fusillade.

Toutes les victimes ont été identifiées et étaient âgées de 20 à 65 ans. Le policier décédé était père de sept enfants.

Des minutes de terreur

Ahmad Alissa est accusé d’avoir abattu 10 personnes lundi après-midi autour et à l’intérieur du magasin King Soopers de Boulder. Des images diffusées en direct ont montré un homme, torse nu et portant un short de sport, conduit à l’extérieur du magasin par les policiers. Les mains menottées dans le dos, il semblait blessé à la jambe, avec des traces de sang.

Selon des témoins, plusieurs coups de feu ont d’abord été entendus à l’extérieur du supermarché. Un client, Nevin Sloana, a décrit à la chaîne CBS la panique grandissante à mesure que les détonations se rapprochaient, les gens se demandant s’il fallait rester caché à l’intérieur ou fuir.

« Soudain, on a entendu plus de “bang, bang, bang, bang”. J’ai couru vers [ma femme] et je lui ai dit : “Il faut qu’on sorte d’ici” », a-t-il raconté. Le couple a ensuite aidé d’autres clients à fuir par une sortie de secours.

Des policiers se sont rendus sur place « quelques minutes seulement » après avoir été alertés de la présence d’un tireur dans le stationnement du supermarché. Ils sont « très rapidement » entrés dans le magasin où le tireur s’était retranché, ont indiqué les autorités.

L’opposition des républicains

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent aux États-Unis et les gouvernements successifs ont été impuissants à endiguer la multiplication de ces tueries. Il y a moins d’une semaine, un homme ouvrait le feu dans des salons de massage asiatiques d’Atlanta, en Géorgie, abattant huit personnes.

« Il faut agir maintenant pour empêcher ce fléau de continuer à ravager notre population », a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a de son côté dénoncé « une épidémie continue de violence par armes à feu qui vole des vies innocentes avec une alarmante régularité ».

Or, l’hypothèse d’un durcissement des lois sur les armes reste improbable compte tenu de l’opposition des républicains. Le Colorado a déjà connu deux des pires tueries de l’histoire américaine. En 1999, 2 adolescents avaient tué 12 camarades de classe et un enseignant dans leur école secondaire de Columbine. Et en 2012, un homme lourdement armé avait abattu 12 personnes dans un cinéma d’Aurora.

La ville de Boulder avait décrété une interdiction sur les « armes de type fusil d’assaut » et les chargeurs à grande capacité après une fusillade dans une école secondaire de Parkland (17 morts), en Floride en 2018. Mais selon le Denver Post, un juge a suspendu cette interdiction la semaine dernière, une décision saluée par la National Rifle Association (NRA), lobby des armes tout-puissant.

Cette organisation a publié sur Twitter après la fusillade de Boulder une reproduction du deuxième amendement de la Constitution américaine protégeant le droit des citoyens à porter les armes. 

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