Miami Beach sous couvre-feu

Ces mesures, décrétées samedi, resteront en vigueur pour au moins 72 heures.
Photo: Chandan Khanna Agence France-Presse Ces mesures, décrétées samedi, resteront en vigueur pour au moins 72 heures.

La fête est finie à Miami Beach : faisant face à des hordes de fêtards devenues incontrôlables, les autorités de cette très touristique ville de Floride ont déclaré l’état d’urgence et imposé un couvre-feu.

Comme tous les mois de mars, pendant les vacances de printemps, des milliers de personnes ont afflué sur cette île barrière faisant face à Miami pour faire la fête. Cette année, le phénomène a même été plus intense, après des mois de deuil et de restrictions sanitaires dans le pays et l’impression, avec 13 % de la population entièrement vaccinée, que la pandémie est désormais maîtrisée.

« Allez vous faire vacciner pour pouvoir venir ici et vous amuser comme nous », lance à l’AFP Jalen Rob, un étudiant venu du Texas. Chaque soir, la même scène : des jeunes sans masque venus de tout le pays dansent sur le toit des voitures aux sons de grosses enceintes, le tout se terminant souvent en escarmouches avec la police.

« Il y a assurément plus de monde que les années précédentes », a jugé le maire de la ville, Dan Gelber, en déclarant l’état d’urgence et en imposant un couvre-feu. À 20 h, tous les touristes doivent désormais quitter les rues, tandis que les bars et les restaurants ont pour obligation de baisser le rideau. Ces mesures, décrétées samedi, resteront en vigueur pour au moins 72 heures.

Le maire de Miami Beach impute cet afflux de touristes au fait « qu’il y a très peu d’endroits ouverts ailleurs dans le pays, ou qu’il y fait trop froid. » Les restaurants ont rouvert ici en mai dernier, et les plages en juin. Le gouverneur républicain de l’État, Ron DeSantis, n’y a jamais ordonné le port obligatoire du masque.

L’Allemagne resserre la vis

Détonnant complètement avec la ligne souple du gouverneur de Floride, les autorités allemandes s’apprêtent lundi à donner un nouveau tour de vis pour contrer la troisième vague de COVID-19, en pleine expansion, au risque de nourrir le mécontentement déjà croissant de l’opinion. La chancelière Angela Merkel et les régions allemandes se retrouvent dans l’après-midi pour une nouvelle réunion sur la stratégie anti-pandémie. Mais alors qu’elle devait être consacrée il y a quelques semaines encore à relâcher la pression, l’ordre du jour a complètement changé devant la propagation du variant britannique du virus.

Une analyse honnête de la situation montre qu’il n’y a pas encore assez de vaccins en Europe pour arrêter la troisième vague par la seule vaccination

Dans des documents préparatoires à la rencontre, qui ont été dévoilés, il est demandé que toutes les restrictions et fermetures, en l’état programmées jusqu’au 28 mars, soient « prolongées ». Un projet d’accord de la chancellerie parle d’une extension jusqu’au 18 avril, selon plusieurs médias allemands. Les documents s’inquiètent d’une dynamique « exponentielle » des infections.

Pour l’opinion du plus grand pays de l’Union européenne, c’est la douche froide. En trois semaines, la donne a complètement changé en Allemagne, « bonne élève » européenne de la gestion pandémique au printemps dernier et désormais menacée d’être submergée par la troisième vague. « Il est tout à fait possible que nous ayons à Pâques une situation similaire à celle que nous avons connue avant Noël, avec un nombre très élevé de cas, de nombreux cas graves et de nombreux décès, et des hôpitaux débordés », a aussi mis en garde un expert de l’institut de veille sanitaire RKI, Lars Schaade.

L’Allemagne tablait sur la montée en puissance de sa campagne de vaccination pour freiner cette dynamique. Mais elle compte parmi les pays européens les plus lents en la matière. « Une analyse honnête de la situation montre qu’il n’y a pas encore assez de vaccins en Europe pour arrêter la troisième vague par la seule vaccination », admet aussi le ministre de la Santé, Jens Spahn, sous le feu des critiques pour sa gestion de la pandémie.

La popularité de la chancelière et surtout de son parti conservateur, plombée par des scandales d’enrichissement de députés grâce à des achats de masques, en pâtit. La victoire de la droite aux élections de septembre, qui semblait acquise, n’est ainsi plus du tout assurée, selon de récents sondages.

Revente de doses AstraZeneca

Sur le plan de la vaccination, le vaccin AstraZeneca continue de faire parler de lui, en Afrique du Sud cette fois. Le pays a vendu le million de doses de vaccins AstraZeneca en sa possession, qui seront distribués à quatorze pays africains, a annoncé dimanche son ministre de la Santé.

Le pays africain officiellement le plus touché par la pandémie avait reporté, à la mi-février, sa campagne d’immunisation contre la COVID-19, prévue initialement avec AstraZeneca, après que l’efficacité de ce vaccin avait été mise en doute contre le variant local du virus. Pretoria avait annoncé dans la foulée son intention de proposer ces doses à l’Union africaine. Zweli Mkhize se félicite, dans un communiqué, de « pouvoir annoncer que la vente des vaccins AstraZeneca que nous avions achetés a été conclue ».

De nombreux Sud-Africains redoutaient que ces doses, si elles n’étaient pas utilisées, représentent de l’argent gâché. Les premiers vaccins quittant l’Afrique du Sud seront répartis dans neuf pays africains, puis cinq autres dans un deuxième temps.

Une étude de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, révélant une efficacité « limitée » du vaccin britannique contre le nouveau variant sud-africain, avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne. Les experts de l’OMS ont toutefois recommandé l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca dans les pays où des variants sont présents. L’UA, qui a sécurisé l’acquisition de 270 millions de vaccins pour le continent, avait déclaré qu’elle « n’écarterait pas » les vaccins d’AstraZeneca.

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