Le Texas rouvre à 100%

La mesure du gouvernement de l’État est  emblématique d’un sentiment de plus en plus partagé selon  lequel les  choses  s’arrangent  aux États-Unis.
Ricardo B. Brazziell Associated Press La mesure du gouvernement de l’État est emblématique d’un sentiment de plus en plus partagé selon lequel les choses s’arrangent aux États-Unis.

Un vent d’optimisme continuait à souffler mercredi sur les États-Unis, où le Texas a rouvert « à 100 % » malgré les avertissements des experts de santé publique, au moment où Joe Biden a annoncé vouloir acheter 100 millions de doses supplémentaires du vaccin de Johnson & Johnson contre la COVID-19. Annoncée la semaine dernière, la levée des restrictions dans le deuxième État le plus peuplé des États-Unis a pris effet mercredi : plus de masque obligatoire en public et réouverture de tous les commerces sans limitations.

« Je pense que c’est bien pour tout le monde de pouvoir faire ses choix soi-même », a déclaré à l’AFP Kade Phillips, 22 ans, interrogé par l’AFP dans le centre-ville de Houston, la plus grande ville de l’État.

Assouplissement prématuré

D’autres pointaient au contraire un assouplissement prématuré. Le gouverneur républicain Greg Abbott « l’a fait juste pour gagner le soutien » de « beaucoup de républicains qui ici au Texas ne croient pas au masque, à la science derrière les masques », a estimé Omar Abu-Shaaban, un entrepreneur. « Je ne crois pas qu’il avait la santé des gens à l’esprit. »

Localement, certaines villes comme Austin, la capitale de l’État, ont décidé que le port du masque resterait obligatoire. « Si les responsables de l’État ne veulent pas faire leur travail dans cette pandémie, nous le ferons nous-mêmes », a tweeté le conseiller municipal Gregorio Casar. Certains établissements comptent eux aussi continuer à imposer le masque à leurs employés et à leurs clients.

Les experts avertissent que le niveau de circulation de la maladie reste bien trop élevé pour se relâcher. Ils alertent également sur l’approche des vacances de printemps, qui entraîneront plus de déplacements, et la diffusion rapide des variants.

La mesure du gouverneur est toutefois emblématique d’un sentiment de plus en plus partagé selon lequel les choses s’arrangent aux États-Unis.

Après être resté stable quelque temps, le nombre de cas quotidiens (56 000 en moyenne ces sept derniers jours) pourrait à nouveau être en train de « tendre à la baisse », a déclaré mercredi Rochelle Walensky, directrice de la principale agence fédérale de santé publique du pays (CDC). Le nombre de morts quotidiens sur la semaine écoulée est lui passé à 1600 en moyenne, contre 2000 ces dernières semaines.

D’autres États ont fait le même choix que le Texas, comme le Mississippi. Dans le Wyoming également, exit les masques, et réouverture des bars, restaurants et cinémas à partir de la semaine prochaine, a annoncé le gouverneur.

L’obligation du port du masque devrait aussi être levée début avril dans l’Utah.

Dans le Maryland, État qui jouxte la capitale Washington, le masque reste de mise, mais les restrictions de capacité pour les restaurants et de nombreux autres commerces seront levées vendredi.

Les responsables locaux, dont dépendent largement les restrictions aux États-Unis, citent la montée en puissance de la campagne de vaccination pour justifier leur décision.

Plus de 93 millions d’injections ont été réalisées dans le pays, où trois vaccins sont désormais autorisés : celui de Johnson & Johnson (une seule dose nécessaire par personne), et ceux de l’alliance Pfizer/BioNTech et de Moderna (deux doses). Plus de 2 millions de piqûres sont administrées en moyenne chaque jour.

Les États-Unis ont déjà passé des commandes suffisantes pour recevoir d’ici fin mai assez de doses pour vacciner l’ensemble des adultes américains.

Jusqu’ici, 100 millions de doses ont été commandées à Johnson & Johnson — qui devrait les fournir d’ici fin mai selon le ministère de la Santé — et 600 millions à Moderna et Pfizer/BioNTech (300 chacun, livrées d’ici fin juillet). Et Joe Biden a demandé qu’un contrat de 100 millions de doses supplémentaires soit négocié avec Johnson & Johnson.

« Nous avons besoin d’une flexibilité maximale », a déclaré mercredi le président à l’issue d’une rencontre avec les dirigeants de Johnson & Johnson et de Merck, qui ont annoncé la semaine dernière avoir passé un accord pour produire ce vaccin. « Beaucoup de choses peuvent se passer, nous devons être prêts », a-t-il argumenté, précisant que si les États-Unis se retrouvaient avec « un surplus [ils] le partager[aient] avec le reste du monde ».

Vaccination plus ouverte

La vaccination s’ouvre en outre peu à peu à de nouvelles catégories de population. L’Alaska est devenu mercredi le premier État américain à l’ouvrir à tous, sans critères restrictifs — mis à part l’âge à partir duquel les vaccins sont autorisés, 16 ans pour Pfizer/BioNTech, 18 ans pour Moderna et « J & J ».

À New York, les personnes de 60 ans et plus peuvent désormais se faire vacciner sans autres conditions (facteurs de risque, employés jugés « essentiels », etc.). De même en Floride, à partir du 15 mars, a annoncé le gouverneur.

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