Donald Trump lance un appel à l’unité des républicains

L'ancien président Donald Trump, lors de son discours au congrès du Conservatice Political Action Conference
Photo: John Raoux Associated Press L'ancien président Donald Trump, lors de son discours au congrès du Conservatice Political Action Conference

Prononçant un premier discours public depuis qu’il a quitté ses fonctions, l’ancien président Donald Trump a lancé dimanche un appel à l’unité aux républicains, manifestant clairement son intention de demeurer une force dominante au sein du parti.

Salué comme un héros, M. Trump s’est servi de la plateforme que lui a offerte un groupe de réflexion conservateur pour dénigrer son successeur, Joe Biden, et consolider son statut de leader incontesté du parti malgré sa défaite en novembre.

« Est-ce que je vous manque ? » a-t-il lancé à la foule après être monté sur la scène au son de la musique thème de sa campagne. « Je me tiens devant vous aujourd’hui pour dire que l’incroyable voyage que nous avons entrepris ensemble est loin d’être terminé. » L’ancien président n’a toutefois pas annoncé s’il se représenterait à l’élection présidentielle de 2024, bien qu’il en envisage la perspective.

Même s’il a flirté avec l’idée de créer un nouveau parti, M. Trump s’est engagé à demeurer au sein de « notre parti bien-aimé ». « Je vais continuer à me battre à vos côtés. Nous ne fondons pas un nouveau parti, a-t-il dit. Nous avons le Parti républicain. Il va être fort et uni comme jamais auparavant. »

Le congrès de la Conservative Political Action Conference (CPAC) s’est transformé en hommage à Donald Trump et à son idéologie. Une statue dorée à son effigie avait même été dévoilée. De nombreux orateurs, dont certains aspirent à une candidature présidentielle en 2024, ont fait valoir que le Parti républicain devait faire front commun avec l’ancien président et ses partisans, malgré l’émeute meurtrière du 6 janvier au Capitole.

 
68 %
C’est la part des participants à la CPAC qui croient que Trump devrait se présenter à nouveau à la présidence.

Ils ont aussi répété les mensonges selon lesquels Donald Trump aurait essuyé un revers en novembre parce que l’élection a été « truquée », des mensonges maintes fois rejetés par des juges, des officiels républicains et même le propre gouvernement de M. Trump.

Un sondage non scientifique indique que 97 % de quelque 1000 participants avaient approuvé le travail de Donald Trump. Ils sont un peu moins unanimes pour juger s’il doit se présenter à nouveau : 68 % d’entre eux le croient. Un peu plus de la moitié des répondants ont dit qu’ils voteraient pour Donald Trump s’il était candidat aux primaires républicaines, contre 21 % pour le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis. Si l’ancien président reste à l’écart, l’appui à M. DeSantis grimpe à 43 %, comparativement à 8 % pour la gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem, et à 7 % pour l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo et le sénateur du Texas, Ted Cruz.

Donald Trump a aussi fait fi d’une autre tradition : les anciens présidents critiquent rarement en public leur successeur si peu de temps après avoir quitté leurs fonctions. Selon lui, le premier mois de Joe Biden à la Maison-Blanche n’a été qu’une série d’échecs, notamment sur le plan de l’immigration. « Joe Biden a connu le premier mois le plus désastreux de tous les présidents de l’histoire moderne », a tonné M. Trump.

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a balayé les critiques attendues. « Nous verrons ce qu’il dit, mais nous ne nous concentrons certainement pas sur ce que le président Trump dit à la CPAC. »