Le sort de Julian Assange en suspens

Plusieurs organisations de défense des droits de la personne et de la liberté de la presse avaient demandé à Joe Biden d’abandonner les poursuites contre le fondateur de Wikileaks, Julian Assange
Photo: Jack Taylor Agence France-Presse Plusieurs organisations de défense des droits de la personne et de la liberté de la presse avaient demandé à Joe Biden d’abandonner les poursuites contre le fondateur de Wikileaks, Julian Assange

Le gouvernement du président américain Joe Biden a fait appel du refus de la justice britannique d’extrader le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a annoncé vendredi le ministère américain de la Justice. L’appel montre que JoeBiden a bien l’intention de faire juger M. Assange pour la diffusion à partir de 2010 de plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Washington avait jusqu’à vendredi pour faire appel de la décision de la juge Vanessa Baraitser, qui avait refusé le 4 janvier son extradition vers les États-Unis en invoquant le risque de suicide du fondateur de WikiLeaks dans le système carcéral américain.

Plusieurs organisations de défense des droits de la personne et de la liberté de la presse avaient demandé à Joe Biden d’abandonner les poursuites contre Julian Assange, estimant que ces poursuites « menacent la liberté de la presse » et créeraient un précédent de nature à « criminaliser » des pratiques journalistiques.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump, à qui les soutiens de Julian Assange avaient demandé de le gracier, en vain. Sous Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à le poursuivre. Il y a 10 ans, Joe Biden avait estimé que Julian Assange s’apparentait davantage à un « terroriste high tech » qu’à un héritier des « Pentagon papers » ayant révélé dans les années 1970 les mensonges des États-Unis sur la guerre du Vietnam.

L’Australien est détenu au Royaume-Uni en attendant que la justice britannique examine l’appel, et sa fiancée, Stella Morris, a appelé la cour d’appel britannique à rejeter la demande américaine. « Toute assurance que pourrait donner le ministère [américain] de la Justice sur les procédures judiciaires ou le régime de détention que Julian pourrait risquer aux États-Unis serait non seulement inutile, mais aussi dénuée de sens », a-t-elle affirmé dans un communiqué.