Le camp Trump et les démocrates fourbissent leurs armes à la veille du procès au Sénat

Donald Trump s’est livré «à la pire violation de la Constitution jamais commise par un président américain» en «incitant» ses partisans à attaquer le Capitole, ont plaidé lundi les élus démocrates qui servent de procureurs à son procès.
Photo: Sarah Silbiger Getty Images/AFP Donald Trump s’est livré «à la pire violation de la Constitution jamais commise par un président américain» en «incitant» ses partisans à attaquer le Capitole, ont plaidé lundi les élus démocrates qui servent de procureurs à son procès.

Donald Trump s’est livré « à la pire violation de la Constitution jamais commise par un président américain » en « incitant » ses partisans à attaquer le Capitole, ont plaidé lundi les élus démocrates qui servent de procureurs à son procès.

« Les preuves » sont « accablantes », « il n’a aucune excuse valide ni défense valable pour ses actions », ont-ils encore écrit dans un argumentaire transmis au Sénat à la veille de l’ouverture des débats.

De son côté, le camp de l’ex-président a demandé lundi aux sénateurs chargés de le juger de mettre immédiatement fin à la procédure qui, si elle a peu de chances de se conclure sur une condamnation, pourrait lui coûter cher en matière d’image.

L’acte d’accusation adopté après l’assaut sur le Capitole est « anticonstitutionnel à plusieurs titres, et un seul suffirait à le déclarer immédiatement nul et non avenu », ont écrit ses avocats Me David Schoen et Bruce Castor dans un argumentaire de 78 pages transmis à la chambre haute du Congrès à la veille de l’ouverture des débats.

« Laisser libre cours à cette mise en scène politique serait un danger pour notre démocratie », ajoutent-ils, en reprenant leur principale ligne de défense : Donald Trump ne peut pas être jugé dans le cadre de la procédure de destitution puisqu’il n’est plus au pouvoir. Plaider le contraire est, selon eux, « totalement ridicule ».

Par ailleurs, l’issue du procès semble jouée d’avance.

La Constitution fixe en effet la nécessité d’une majorité des deux tiers pour un verdict de culpabilité. Or, le Sénat compte cent élus et 45 sénateurs républicains ont déjà fait savoir qu’ils ne se considèrent pas comme qualifiés pour juger « un simple citoyen ».

Il y a un an, la chambre haute du Congrès avait déjà acquitté Donald Trump jugé pour « abus de pouvoir » parce qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son rival Joe Biden. Cette fois, il est accusé d’avoir « incité » ses partisans à envahir le siège du Congrès, au moment où les élus certifiaient la victoire du démocrate à la présidentielle.

Une semaine après ce coup de force sanglant, et alors qu’il lui restait seulement une semaine à la Maison-Blanche, il était mis en accusation (« impeached ») une seconde fois par la Chambre des représentants à majorité démocrate, ce qui n’était arrivé à aucun président avant lui.

Le procès doit débuter mardi à 13 h et la première mission des sénateurs sera de se mettre d’accord sur le déroulement des audiences.

Normalement les débats doivent avoir lieu tous les après-midi de lundi à samedi, mais David Schoen, un juif pratiquant, a demandé de pouvoir respecter le sabbat.

Au pas de charge

 

Quel que soit le calendrier retenu, républicains et démocrates semblent d’accord pour avancer au pas de charge, les premiers parce qu’ils ne veulent pas s’attarder sur une séquence embarrassante, qui divise leurs rangs ; les seconds parce qu’ils veulent se concentrer sur leur priorité : approuver les candidats et les lois de Joe Biden.

Le nouveau président, qui a promis de travailler pour réconcilier l’Amérique, s’est depuis le début gardé d’intervenir dans ce procès. Lundi encore, interrogé sur la peine qui devrait être infligée à son prédécesseur, il s’est contenté de noter qu’il avait « été invité à témoigner et avait refusé ».

« On va laisser le Sénat gérer tout ça », a ajouté Joe Biden lors d’un bref échange avec la presse.

Côté démocrate, l’accusation sera portée par l’élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin qui, jusqu’ici, s’est fait discret dans les médias, réservant ses flèches aux arguments versés à la procédure. Donald Trump a « créé une poudrière, allumé une allumette puis cherché à tirer personnellement profit du chaos qui a suivi », a-t-il notamment décoché.

Lors des audiences qui seront retransmises en direct dans tous les États-Unis, il devrait, selon des sources citées dans les médias, essayer de ramener les débats sur les faits et utiliser de nombreuses vidéos pour faire revivre la scène aux sénateurs.

 

Cette stratégie pourrait être dommageable pour Donald Trump qui, à 74 ans, caresse l’idée d’une nouvelle candidature en 2024.

Même s’il garde une base de fervents partisans, l’attaque sur le Capitole a érodé sa popularité. Selon un sondage Ipsos / ABC News publié dimanche, 56 % des Américains pensent qu’il faut condamner l’ex-président et lui interdire de se représenter — mais plus de 80 % des républicains s’y opposent.

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