Les États-Unis placés en alerte face au risque de violences extrémistes

Certains «pourraient avoir été galvanisés par l’intrusion le 6 janvier» dans le Capitole, selon le ministère, en référence à l’assaut meurtrier de partisans de Donald Trump sur le siège du Congrès au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival.
Photo: Brent Stirton Getty images / Archives Agence France-Presse Certains «pourraient avoir été galvanisés par l’intrusion le 6 janvier» dans le Capitole, selon le ministère, en référence à l’assaut meurtrier de partisans de Donald Trump sur le siège du Congrès au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival.

Le gouvernement américain a émis mercredi un bulletin d’alerte antiterroriste face au risque de nouvelles violences par des « extrémistes » opposés à la présidence de Joe Biden.

Au même moment, les autorités judiciaires annonçaient l’inculpation d’un partisan de Donald Trump après la découverte dans son entreprise de cinq bombes artisanales et d’un arsenal qu’il comptait, selon l’acte d’accusation, utiliser contre des démocrates.

Le ministère de la Sécurité intérieure a pourtant assuré que son bulletin d’alerte n’était pas motivé par « des informations sur un complot crédible précis ». Il fait plutôt état d’un « climat de menaces accrues » présent dans tous les États-Unis et susceptible de durer plusieurs semaines.

« Des informations suggèrent que des extrémistes violents ayant des objections à l’exercice de l’autorité gouvernementale et à la transition présidentielle, ainsi que d’autres griefs alimentés par des récits mensongers, pourraient continuer à se mobiliser et à inciter à commettre des violences », selon son bulletin.

Le ministère de la Sécurité intérieure publie régulièrement ces mises en garde, mais elles sont d’ordinaire liées à des menaces d’origine étrangère, notamment djihadistes. Le dernier portait sur l’Iran. Le nouveau message semble donc indiquer un changement de pied du gouvernement sous la gouverne de Joe Biden qui, lors de son intronisation le 20 janvier, a juré de « vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur ».

En colère

Le bulletin publié mercredi, et qui est valide jusqu’au 30 avril, se garde d’utiliser ces étiquettes. Mais il relève que des extrémistes animés par plusieurs motivations, notamment leur « colère face aux restrictions liées à la COVID-19 et aux résultats de l’élection » présidentielle, ont comploté en 2020, et parfois, attaqué des bâtiments officiels.

Certains « pourraient avoir été galvanisés par l’intrusion le 6 janvier » dans le Capitole, ajoute le ministère, en référence à l’assaut meurtrier de partisans de Donald Trump sur le siège du Congrès au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival.

Le ministère se dit déterminé à protéger « les infrastructures critiques » et les « populations qui pourraient être ciblées en raison de leur religion, race, origine, identité ou opinions politiques ». Mais il invite aussi les Américains à se montrer vigilants. « Prenez en compte votre environnement et votre sécurité personnelle. Gardez les contacts d’urgence et autres informations essentielles sur vous », préconise-t-il.

Lundi, le ministère de la Défense avait annoncé que les milliers de soldats de la Garde nationale déployés pour la prestation de serment de Joe Biden resteraient jusqu’en mars à Washington, à la suite de nouvelles menaces.

Attaquer des démocrates

Parallèlement, les autorités judiciaires ont déployé les grands moyens pour retrouver les auteurs de l’attaque sur le siège du Congrès. Plus de 150 personnes ont déjà été inculpées par la justice fédérale, dont trois membres d’une milice d’extrême droite inculpés pour « conspiration et sédition ».

Dans un dossier distinct, le ministère de la Justice a annoncé mercredi l’inculpation de Ian Benjamin Rogers, un garagiste californien de 43 ans lié à une milice d’extrême droite. Lors de perquisitions dans son entreprise, les agents ont découvert une armoire forte dans laquelle se trouvaient cinq bombes artisanales, du matériel pour en fabriquer davantage et une cinquantaine d’armes, a annoncé le procureur David Anderson.

Selon un rapport d’enquête joint à la procédure, des messages laissés sur son téléphone indiquent qu’il a été convaincu par les allégations de fraudes électorales brandies — sans preuve — pendant plus de deux mois par Donald Trump pour refuser de concéder sa défaite.

Ces messages montrent « son intention d’attaquer des démocrates et des lieux associés aux démocrates afin d’essayer de maintenir Donald Trump au pouvoir », peut-on lire dans ce document.

Parmi les cibles envisagées : le bureau du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newson, ou les sièges de Twitter et Facebook, qui ont banni l’ancien président de leurs réseaux.

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