Des ténors républicains s’élèvent contre la destitution de Trump

«Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l’essence sur ce feu», a déclaré Marco Rubio.
Photo: Tasos Katopodis/Getty Images/AFP «Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l’essence sur ce feu», a déclaré Marco Rubio.

La perspective d’une condamnation de Donald Trump dans son procès en destitution paraissait très incertaine dimanche, plusieurs sénateurs républicains se disant fermement contre, à la veille de la transmission au Sénat de l’acte d’accusation de l’ex-président pour « incitation à l’insurrection ».

« Je trouve ce procès stupide. Je pense que cela va être contre-productif », a tonné le sénateur républicain Marco Rubio dimanche sur Fox. « Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l’essence sur ce feu. » Sur fond d’appels au rassemblement lancés par le nouveau président démocrate, Joe Biden, plusieurs ténors républicains mettaient ainsi en garde contre les « divisions » que risquerait de creuser encore un tel procès historique.

Si les langues se sont déliées et que même des fidèles, comme Marco Rubio, reconnaissent ouvertement que le milliardaire « porte une part de responsabilité » dans l’assaut meurtrier du Capitole le 6 janvier, plusieurs estiment, comme M. Rubio dimanche, que « remuer tout cela » risquerait de nuire encore plus au pays. Des sénateurs républicains déclarent même anticonstitutionnel de juger en destitution un ex-président, et cherchent une voie pour empêcher la tenue même du procès, sur cette base.

Plongé dans un silence inédit depuis son bannissement de Twitter, installé dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump continue d’exercer une profonde influence sur son parti. Et les figures républicaines, plus rares, qui ont vivement dénoncé son rôle dans les violences tombent sous le feu des critiques de la base républicaine. Mais pas question pour elles d’en démordre, à l’image du sénateur Mitt Romney qui a défendu la tenue d’un procès en destitution dimanche.

« Si nous voulons que ce pays se rassemble, il est important de reconnaître que la responsabilité, la vérité et la justice sont nécessaires », a déclaré le conservateur sur Fox, en laissant entendre qu’il pourrait juger coupable le magnat de l’immobilier, accusé d’avoir incitéses partisans « à l’insurrection » lors des violences du 6 janvier, qui ont fait cinq morts. Cet ex-candidat à la présidentielle fut le seul sénateur républicain à condamner Donald Trump lors de son premier procès en destitution, en février 2020, dans l’affaire ukrainienne. Leprésident avait alors été acquitté par un Sénat à majorité républicaine.

Depuis mercredi, les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre haute, mais leur majorité est extrêmement fragile : ils occupent 50 sièges, contre 50 sièges pour les républicains. En cas d’égalité parfaite dans un vote, la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, a le pouvoir d’ajouter sa voix pour faire pencher la balance du côté démocrate.

Mais les démocrates auront besoin des deux tiers du Sénat pour condamnerDonald Trump, soit 17 voix républicaines si l’ensemble de leur clan vote pour. Un nombre qui semble aujourd’hui difficile à atteindre, même si le puissant chef des républicains, Mitch McConnell, a indiqué qu’il n’excluait pas de voter pour la condamnation.

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