Grand soulagement pour les détracteurs de Trump

Le 46e président américain, Joe Biden, accompagné de sa femme, Jill, a prêté serment sur une énorme bible familiale.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse  Le 46e président américain, Joe Biden, accompagné de sa femme, Jill, a prêté serment sur une énorme bible familiale.

« Notre grand désastre national est terminé. » Mercredi matin, tandis que Donald Trump quittait la Maison-Blanche au terme de son mandat présidentiel, Chrissy Teigen, personnalité populaire de la télé américaine, s’est réjouie de ce dernier acte devant ses 33 millions d’abonnés sur Instagram en varlopant le président sortant, qui le devenait, le temps d’un départ, au sens propre. Il est parti de Washington juste avant l’intronisation de Joe Biden, pour se rendre en Floride où il mènera désormais sa nouvelle existence.

« Avec deux procédures en destitution, trois millions d’emplois EN MOINS, 403 000 décès, un taux d’approbation historiquement bas et Dieu sait combien de crimes, on peut dire officiellement que Donald J. Trump a été le plus grand des “f… ing” pires », a-t-elle écrit sur le réseau social, donnant ainsi de l’ampleur au grand souffle de soulagement qui s’est fait sentir toute la journée d’hier aux États-Unis, comme ailleurs, au moment du changement de garde à la Maison-Blanche. Le milliardaire autoproclamé y a laissé la place au démocrate Joe Biden, devenu devant la planète entière le 46e président des États-Unis.

« C’est tellement beau à voir », a écrit sur Twitter la militante environnementale Greta Thunberg, en montrant une photo de Donald Trump sur les marches de l’hélicoptère présidentiel, prêt pour son dernier voyage en tant que président?. « Il a l’air d’un vieil homme très heureux qui attend avec impatience un avenir lumineux et merveilleux », a-t-elle ajouté, retournant ainsi, mot pour mot, contre l’ex-président la formule qu’il avait utilisée en parlant d’elle en 2019, après le discours passionné de la jeune écologiste suédoise devant l’Assemblée générale des Nations unies.

« Pour la première fois depuis longtemps, je pousse un soupir de soulagement », a dit mercredi matin le représentant au Congrès Adam Schiff, président du Comité du renseignement de la Chambre des représentants et critique assumé des quatre années de l’ère Trump. Plus tôt dans la nuit, le démocrate s’était montré affligé devant le pardon présidentiel accordé par l’ex-vedette de la téléréalité à son ex-conseiller Steve Bannon. L’architecte du populisme américain était accusé d’avoir détourné pour son propre compte de l’argent récolté auprès des partisans de Trump pour la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique. « Si ça a l’air débile, c’est parce que ça l’est. Heureusement, il ne reste plus que 12 heures à ce repaire de bandits », avait ajouté Adam Schiff.

La « fin d’une erreur »

La sortie de Donald Trump a été précédée en Californie par un tremblement de terre d’une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter, qui est devenu très vite l’objet de commentaires amusés sur la coïncidence de ce mouvement de plaques le jour de l’intronisation du nouveau président. « Los Angeles célèbre ce jour historique d’une manière très californienne, avec un tremblement de terre », a résumé le Sacramento Bee, quotidien de cette métropole. L’épicentre se trouvait à 20 kilomètres au sud de la « Cité des Anges ».

« Oh, mon Dieu ! Même mère Nature est sur le party », a écrit sur Twitter la youtubeuse canadienne Lauren Riihimaki, qui était en Californie, tout en se réjouissant du départ de Trump de la Maison-Blanche. « Je suis persuadée que ce tremblement de terre a été provoqué par l’État au grand complet qui vient de sauter de joie », a ajouté l’actrice Katherine McNamara.

Pour la première fois depuis longtemps, je pousse un soupir de soulagement

 

La veille au soir, sur les ondes d’ABC, l’animateur Jimmy Kimmel avait qualifié le dernier jour de Trump au pouvoir de « fin d’une erreur ». « Je ne suis pas très sûr de la manière dont je me sens en ce moment. C’est comme si la nuit d’avant mon mariage et la nuit d’avant mon divorce se rejoignaient. »

« Je ne sais pas comment on va se sentir demain, a dit Jimmy Fallon, son voisin d’émission de fin de soirée sur le réseau NBC. Probablement comme quand on nous retire l’écouvillon de la narine », a-t-il dit d’un ton amusé, en référence au test réalisé pour déceler le coronavirus, dont la pandémie a frappé durement le pays sous la présidence de Donald Trump.

Pour plus de 57 % des Américains, Donald Trump a échoué dans sa volonté de redonner sa grandeur à l’Amérique, comme le promettait son slogan de campagne « Make America Great Again », selon les résultats d’un sondage Politico-Morning Consult dévoilé tôt mercredi matin. Près de la moitié des personnes sondées (46 %) estiment même que sa présidence va entrer dans l’Histoire comme une des pires aux États-Unis. 20 % ont affirmé le contraire.

Mais pour le commentateur politique canadien Bill Kelly, du réseau Global, c’est en tournant finalement cette page sur son histoire que les États-Unis se préparent sans doute à atteindre l’objectif que s’était fixé l’ex-président. « Le bannissement de Trump des couloirs du pouvoir, c’est le premier pas pour redonner sa grandeur à l’Amérique », a-t-il résumé.

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