Tension face aux menaces sur l’investiture de Biden

Un membre de la Garde nationale assure la sécurité au Capitole américain le 14 janvier 2021, à Washington, DC.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Un membre de la Garde nationale assure la sécurité au Capitole américain le 14 janvier 2021, à Washington, DC.

Avec plus de 20 000 soldats de la Garde nationale bientôt déployés et des quartiers entiers barricadés, Washington est sous haute surveillance face aux menaces de nouvelles manifestations des partisans de Donald Trump d’ici la cérémonie d’investiture de Joe Biden le 20 janvier.

La police et l’armée ont été assaillies de critiques pour leur manque de préparation lors de la manifestation des partisans du président sortant le 6 janvier. Plusieurs centaines d’entre eux avaient envahi le Capitole, semant le chaos au sein du temple de la démocratie américaine. Au moins cinq personnes sont mortes lors de ces violences.

L’assaut a entraîné la mise en accusation au Congrès mercredi de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection ». Les dix élus républicains ayant voté en faveur de cette inculpation bénéficient d’une protection rapprochée. « Des collègues se déplacent désormais avec des escortes armées », a expliqué jeudi sur MSNBC l’un d’eux, Peter Meijer. « Nous pensons que des gens pourraient tenter de nous tuer. »

Selon un récent rapport interne du FBI, cité par les médias américains, un « groupe armé identifié » se prépare à « prendre d’assaut » des bâtiments gouvernementaux dans les 50 États américains et dans la capitale dans les jours prochains et jusqu’à l’investiture du président démocrate. Le FBI évoque notamment la mouvance d’extrême droite Boogaloo, qui prône la guerre civile pour renverser le gouvernement, et cite des menaces crédibles dans les États du Michigan et du Minnesota.

À Washington, la capitale fédérale, « on peut s’attendre à plus de 20 000 membres de la Garde nationale », soit plus de militaires qu’en Irak et en Afghanistan combinés, pour protéger la cérémonie, a indiqué mercredi le chef de la police, Robert Contee. « Il y a une menace importante pour la sécurité et nous travaillons à réduire cette menace », a-t-il expliqué, alors que la capitale est déjà sous haute tension.

Dissuader la population

La mission des réservistes est limitée à un soutien logistique à la police et ils ne seront autorisés qu’« en dernier recours » à procéder eux-mêmes à des interpellations, selon le ministère de la Défense. Autre signe de l’inquiétude des autorités, ces soldats ont été armés.

Donald Trump a aussi affirmé mercredi avoir été mis au courant de « menaces potentielles » concernant des manifestations « dans les prochains jours, à Washington et dans le pays ». Le président sortant a appelé ses partisans au calme, soulignant le droit des Américains à manifester pacifiquement. « Il ne peut pas y avoir de violence, de violation de la loi et de vandalisme », a-t-il répété.

Dans la capitale américaine, ainsi que dans les États voisins du Maryland et de Virginie, les autorités font tout pour dissuader la population d’assister à la cérémonie d’investiture qui se déroulera sur les marches du Congrès.

Les rues du centre-ville étaient jeudi quadrillées par la police et barrées par de hautes grilles, parfois surmontées de barbelés comme autour du Congrès, et des blocs de béton. Les autorités envisagent également de fermer au public la grande pelouse du National Mall, où des milliers de visiteurs se pressent habituellement pour l’investiture. L’offre d’hébergement sera aussi limitée avec la fermeture probable de certains hôtels, a estimé mercredi la mairesse démocrate de Washington, Muriel Bowser.

Une enquête sur la lutte contre l’extrémisme dans l’armée

Une enquête a été ouverte jeudi sur les efforts du Pentagone pour lutter contre la montée de l’extrémisme au sein des forces armées américaines, au moment où des militaires et d’anciens militaires sont accusés d’avoir participé aux violences du 6 janvier au Congrès.

 

Dans une lettre ouverte également publiée jeudi, 14 sénateurs démocrates ont indiqué avoir demandé à l’Inspecteur général de mener cette enquête, soulignant que « le Pentagone reconnaît l’existence du problème, mais a échoué à mettre en oeuvre un plan détaillé pour y répondre ».

 

Ils citent un sondage informel mené en septembre par la revue spécialisée Military Times, qui avait montré qu’un tiers des militaires d’active avaient « constaté des signes de racisme ou de suprémacisme blanc dans les rangs ».

 

Un haut responsable du ministère a reconnu que « la résurgence des activités de suprémacistes blancs et nationalistes blancs depuis 5 à 6 ans » suscite une « profonde inquiétude » au Pentagone.

 

« Nous savons que certains groupes tentent de recruter nos soldats ou encouragent même leurs membres à s’engager dans l’armée pour acquérir des compétences et de l’expérience militaire », a-t-il ajouté.



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