Que retenir de la nouvelle procédure de destitution de Donald Trump?

Pour la deuxième fois, le président Donald Trump a été mis en accusation par le Congrès américain mercredi, accusé d’avoir encouragé l’assaut contre le Capitole à Washington. Analyse des enjeux en questions et réponses.

Comment s’est déroulé le vote ?

Au terme de deux heures de débats, une majorité d’élus de la Chambre des représentants l’a formellement accusé mercredi d’avoir incité les violences au Capitole, dans un vote de 232 contre 197. Dix membres du parti présidentiel se sont joints aux démocrates pour l’inculper de crimes et de délits graves pour une deuxième fois.

Qui sont les dix républicains ayant voté pour la mise en accusation ?

Les républicains, qui étaient à l’unanimité derrière M. Trump en 2019 lors de sa première mise en accusation, ont été divisés cette fois-ci.

Parmi ceux qui se sont joints aux démocrates, on compte Liz Cheney du Wyoming, le chef n ° 3 du parti à la Chambre ; Jaime Herrera Beutler de Washington ; John Katko de New York ; Adam Kinzinger de l’Illinois ; Fred Upton du Michigan ; Dan Newhouse de Washington ; Peter Meijer du Michigan ; Anthony Gonzalez de l’Ohio ; David Valadao de Californie ; et Tom Rice de Caroline du Sud.

De quoi est-il accusé ?

Les démocrates allèguent que Donald Trump a incité à la violente tentative d’insurrection au Capitole américain la semaine dernière. Le 6 janvier, le Congrès s’est réuni afin de confirmer la nomination de Joe Biden en tant que prochain président. Au même moment, Trump a exhorté ses partisans à « se battre » et à « se battre farouchement » (fight like hell).

Des centaines de partisans du président Trump ont ensuite pris d’assaut le Capitole, forçant les législateurs et le personnel à fuir les chambres. Cinq personnes sont mortes des suites de l’émeute.

Les membres du Congrès sont revenus quelques heures plus tard et ont confirmé la victoire de Biden. Les démocrates et certains républicains ont alors commencé à demander la destitution immédiate de Trump.

Quelle est la prochaine étape ?

Même si Trump a formellement été mis en accusation à nouveau, le président ne sera pas démis de ses fonctions tant que le Sénat ne se sera pas prononcé sur son sort. Pour le destituer, il faudra l’appui des deux tiers des sénateurs. Les sénateurs ne semblent pas avoir de chances de se réunir pour siéger avant le 20 janvier, lorsque Joe Biden prêtera serment.

Lorsque les démocrates prendront le contrôle de la chambre haute le 20 janvier, ils auront besoin du ralliement d’au moins 17 sénateurs républicains pour atteindre la majorité de deux tiers nécessaires à sa condamnation. On ne sait donc pas encore si le Sénat condamnera le président sortant.

Le président Trump peut-il être condamné avant la fin de son mandat ?

C’est peu probable, puisque le Sénat ne reprendra vraisemblablement pas ses travaux avant l’inauguration de Joe Bien. Cependant, le Sénat peut toujours tenir un procès pour condamner Donald Trump après la fin de son mandat.

Quelles seront les conséquences s’il est condamné ?

La condamnation de Donald Trump lui retirerait les avantages financiers généralement attribués aux anciens chefs d’État américain. Il pourrait également être impossible pour lui d’occuper tout rôle politique au niveau fédéral à l’avenir.

Pourquoi le vote d’aujourd’hui est-il historique ?

Hormis Donald Trump, seuls deux autres présidents ont été destitués, mais aucun n’a été mis en accusation deux fois. Encore moins par une si grande marge bipartite ou si près de quitter ses fonctions.

Pourquoi ne pas simplement invoquer le 25e amendement ?

Au lendemain des violences au Capitole, plusieurs élus ont évoqué la possibilité d’écarter le président grâce à l’article 4 du 25e amendement, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président « inapte » à exercer ses fonctions.

Les démocrates de la Chambre ont appelé le vice-président Pence à destituer le président de cette façon avant de le destituer. Ce dernier a cependant refusé d’invoquer le 25e amendement mardi.

« J’estime qu’un tel acte n’est pas dans le meilleur intérêt de notre nation ni ne correspond à la Constitution », a écrit Mike Pence à la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Quelle est la réaction de Trump ?

À l’approche du vote mercredi, M. Trump a publié une déclaration exhortant ses partisans à rester pacifiques, alors que les autorités fédérales mettaient en garde contre une vague de violence lors de l’investiture prochaine de Joe Biden.

« Il ne doit y avoir ni violence, ni infraction à la loi, ni vandalisme d’aucune sorte », a déclaré le président dans un communiqué lu par les républicains de la Chambre. « Ce n’est pas ce que je représente, et ce n’est pas ce que représente l’Amérique. J’appelle tous les Américains à aider à apaiser les tensions et à calmer les esprits. »