Trump dit n’avoir rien à se reprocher pour le chaos au Capitole

Donald Trump était resté terré à la Maison-Blanche depuis la tentative d’insurrection menée par ses fidèles réunis à Washington mercredi dernier. Il a finalement rencontré la presse mardi, au moment de s’envoler pour le Texas afin d’aller y vanter la consolidation de la clôture à la frontière avec le Mexique (sur la photo).
Photo: Alex Brandon Associated Press Donald Trump était resté terré à la Maison-Blanche depuis la tentative d’insurrection menée par ses fidèles réunis à Washington mercredi dernier. Il a finalement rencontré la presse mardi, au moment de s’envoler pour le Texas afin d’aller y vanter la consolidation de la clôture à la frontière avec le Mexique (sur la photo).

Sorti de sa demeure pour la première fois depuis l’émeute au Capitole, Donald Trump s’est défendu mardi d’avoir mal agi la semaine dernière en appelant ses partisans à marcher jusqu’au Congrès pour faire connaître leur mécontentement. Le président sortant a plutôt répété que son discours avait été « tout à fait approprié » et il s’en est pris aux efforts des démocrates visant à l’accuser une deuxième fois à travers le processus de destitution.

Le président sortant était resté terré à la Maison-Blanche depuis la tentative d’insurrection menée par ses fidèles réunis à Washington mercredi dernier. Il a finalement rencontré la presse mardi, au moment de s’envoler pour le Texas afin d’aller y vanter la consolidation de la clôture à la frontière avec le Mexique.

« Si vous lisez mon discours — et plusieurs l’ont fait, je l’ai vu dans les journaux et dans les médias, à la télévision —, il a été analysé et les gens ont trouvé que ce que j’ai dit était tout à fait approprié », a-t-il plaidé, en accusant d’autres « politiciens haut placés » — sans les nommer — d’avoir fait pire lors des émeutes du mouvement Black Lives Matter cet été.

Or, de nombreux observateurs, les démocrates et même certains républicains, ont reproché au président d’avoir encouragé ses partisans à prendre d’assaut le Capitole, ce qui a mené des dizaines d’entre eux à y entrer de force pour tenter d’y traquer les élus. Donald Trump leur avait lancé, mercredi midi, qu’ils devaient « se battre […] parce qu’on ne regagne pas notre pays avec la faiblesse. Il faut être forts ».

C’est ce qui a mené les élus démocrates à intenter une seconde procédure de destitution contre Donald Trump cette semaine. Le président a qualifié ces efforts de « supercherie », dénonçant le fait que ce n’est que « la continuation de la plus importante et la plus perverse chasse aux sorcières de l’histoire de la politique ». Arrivé au Texas, quelques heures plus tard, il a scandé dans un discours que le recours au processus de destitution « crée énormément de colère et de dissension et de peine. Bien plus que ce que les gens peuvent comprendre. Ce qui est très dangereux pour les États-Unis, surtout en cette période délicate », a-t-il semblé menacer.

« Méfiez-vous de ce que vous souhaitez », a-t-il même lancé, pour déplorer cette fois-ci que les démocrates aient appelé le vice-président Mike Pence à invoquer le 25e amendement de la Constitution pour lui retirer les pouvoirs de la présidence avec l’appui d’une majorité de son cabinet. « Le 25e amendement ne me pose aucun risque, mais il va revenir hanter Joe Biden et son gouvernement », a-t-il suggéré.

Le président sortant a mis 24 heures, la semaine dernière, avant de condamner l’émeute du Capitole et d’appeler ses partisans au calme. Et ce, bien que son entourage ait tenté de le convaincre de le faire plus tôt, selon plusieurs médias. Les autorités policières ont prévenu depuis que d’autres « manifestations armées » sont prévues au pays en marge de l’assermentation du président désigné Joe Biden la semaine prochaine.

« Incitation à la violence »

C’est dans ce contexte que la Chambre des représentants a débattu, mardi soir, d’une motion démocrate sommant le vice-président Pence de déloger le président par le biais du 25e amendement.

Forts de leur majorité, les démocrates étaient en voie de pouvoir faire adopter cette résolution mardi soir.

Le vice-président n’a cependant pas l’intention d’obtempérer, a-t-il confirmé dans une lettre à la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi. Les démocrates passeront donc à la prochaine étape, ce mercredi, en adoptant une résolution afin d’entamer le processus de destitution et d’accuser le président Trump d’« incitation à la violence ». La résolution démocrate réclame également qu’il lui soit interdit de briguer à nouveau la présidence.

Donald Trump, en semblant brandir à nouveau une possible menace, a accusé le leadership démocrate de causer ainsi « un danger immense pour notre pays et cela cause énormément de colère ». Puis, d’ajouter : « Je ne veux pas de violence. »

Nonobstant les craintes du président sortant, une dizaine de représentants républicains pourraient soutenir l’initiative démocrate visant la destitution, selon CNN. La représentante Liz Cheney du Wyoming — fille de l’ancien vice-président Dick Cheney et troisième républicaine en importance à la Chambre basse — a déjà indiqué qu’elle voterait avec les démocrates. « Le président des États-Unis a convoqué cette foule, il l’a assemblée et il a attisé la flamme de cette attaque. Tout ce qui a suivi lui est imputable. Rien de tout cela ne se serait produit sans le président », a-t-elle critiqué par voie de communiqué. Le Parti républicain n’imposera pas de ligne de parti pour ce vote historique. Puisque les démocrates sont majoritaires à la Chambre basse, l’acte d’accusation est assuré d’être adopté. Mais l’appui de certains républicains y donnerait plus de poids.

Le président des États-Unis a convoqué cette foule, il l’a assemblée et il a attisé la flamme de cette attaque. Tout ce qui a suivi lui impute.

 

Le leader des républicains au Sénat, Mitch McConnell, aurait quant à lui confié à ses adjoints qu’il estime que le président Trump a bel et bien commis des fautes dignes d’une destitution et qu’une telle condamnation permettrait de l’exclure du parti plus facilement, selon le New York Times.

Le président sortant deviendra le premier de l’histoire à avoir été accusé à deux reprises en vertu du processus de destitution du pays. Pour être condamné et sujet à des sanctions, il faudrait que le Sénat vote ensuite à son tour aux deux tiers en ce sens.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat — Le Devoir.  

Des «centaines» d’inculpations

Les autorités judiciaires ont déjà identifié 170 suspects des violences au Capitole et anticipent des « centaines » d’inculpations sur les mois à venir, dont certaines pour « sédition », a déclaré mardi un haut responsable du ministère de la Justice. La justice a pour l’instant retenu « les chefs d’inculpation les plus simples pour agir le plus vite possible », comme ceux d’« intrusion illégale » ou de « port d’armes non autorisé », a expliqué le procureur fédéral de Washington, Michael Sherwin. Mais les poursuites pourront être requalifiées ultérieurement et « nous envisageons de retenir des crimes majeurs comme la sédition et la conspiration » pour les actes les plus graves, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. Une cellule composée de procureurs expérimentés dans les dossiers de sécurité nationale et de corruption a été formée pour préparer des poursuites de ce type, qui sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison, a-t-il dit. Des centaines de partisans de Donald Trump ont envahi le siège du Congrès à Washington, le 6 janvier, semant le chaos et la violence au moment où les parlementaires certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle. La police fédérale a immédiatement mobilisé des équipes pour identifier les participants à cet assaut grâce aux nombreuses photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux. 70 personnes ont déjà été inculpées, dont certaines figures du mouvement comme Jake Angeli, connu pour sa coiffe de bison, ou Richard Barnett, qui a posé les pieds sur le bureau de la cheffe démocrate au Congrès Nancy Pelosi.  
 

Agence France-Presse


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